Que la terre est basse de Laurent CHEVALIER

Jugulo Gentleman était le fils, cadet, de Pulap Evariste Gentleman. Long en bouche, charmant et pastoral. Plutôt habile de ses doigts courtauds, jamais en reste à remonter au front des choses. De grandes boucles d’un châtain clair, aériennes et tirebouchonnées, des reflets dorés sur tranche, une épaisse tignasse de bagarreur. Un gringalet accrocheur, taillé comme un p’tit LU, passé maître dans la castagne. Les coups pleuvaient comme vache qui pisse. Mais ça, c’était forcément avant le KO ! Deux baguettes moulées en guise de guibolles, lacérées à la lame de rasoir, croustillantes et savoureuses. L’arôme persistant des douceurs enfantines, un sparadrap à chaque genou, une course échevelée, un contre-pied instinctif, si haut perché que la terre était basse.
Sur le bout de la langue, rien dans les brandillons, très en canne pour riper au plus pressé, Jugulo Gentleman, chicaneur aux grands sentiments, généreux dans les entourloupettes foireuses, vif dans la première taloche. Rapide de l’invective, au plus près de l’esquive. Le patron d’une bande à minables. Rien qu’à trainer jusqu’à plus soir.

par Sophie
De l'éditorial à la communication web, je tente d'aider chaque auteur dans la création et la promotion de son livre !

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