Pour une couchée de fougères de Christophe Blanquie

Un square, un matin d’été, avant l’arrivée des amoureux. Faut se lever matin pour rêvasser à la fraîche, parce qu’ils débarquent tôt, les petits couples : ils n’ont pas de temps à perdre. Il y en a un, à deux bancs de moi ; pour un peu, tu les croirais endimanchés (pour un peu, parce que je crois bien qu’ils se sont échappés du boulot pour se retrouver). Qui se murmure des mots de désir à cette heure-là ? Ceux qui ne dorment pas ensemble. Je le reconnais, lui, avec sa belle cravate et ses espoirs tout neufs. Il n’ose pas lui toucher le bras, il espère, ne se décide pas. Ça y est ! Elle se lève, part sans se retourner. Pas de baiser ni de promesse, pas même un petit rendez-vous. Le type passe devant moi, tout décontenancé, pas encore triste. Il ne sait pas les regrets. Peut-être aussi est-il soulagé. Ou alors il ne l’aime pas comme je te veux. Parce que.

par Léa

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