Paris en bouteille de Thomas de JUST (extrait 2)

Un train avance vers le nord. À bord, tout est calme. Les lumières blanches qui éclairent l’obscur tunnel défilent derrière les vitres à un rythme hypnotique. Seuls les à-coups de la rame maintiennent les voyageurs en éveil. Dans ce havre mouvant de corps charriés et de visages chamarrés, les arrêts brusques rapprochent les inconnus. Les départs violents font vaciller les personnalités instables. Les pieds se chevauchent et les regards s’excusent.
Dans les villes du monde, la plèbe voyage en métro. Les nantis, eux, se déplacent à la surface. L’ascenseur social n’est pas qu’une formule. La fortune offre le privilège de profiter du paysage urbain. Alors que les uns se regroupent dans la pénombre, se serrent dans l’inconfort et se frottent tristement dans des wagons souterrains, les autres roulent confortablement sous la clarté du soleil ou de la lune.
Parmi les galeries sombres qui aèrent Paris, la ligne 4 ne fait pas exception à cette règle. Les classes les plus aisées y sont minoritaires. Voilà pourquoi elle est, pour les amoureux de la diversité humaine, la source inépuisable d’un vrai régal. Tous les teints s’y côtoient, s’y amassent et s’y confondent pour former une nouvelle ethnie métisse : la tribu parisienne.

par Sophie
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