La Dandinnerie de Christian HUITOREL (extrait 2)

Été 2014. Je lis des pièces de théâtre, une trentaine au moins. Cet hiver, j’ai monté Bérénice de Racine et nous avons joué jusqu’à la mi-avril. Je suis donc en train chercher une nouvelle pièce que je mettrai en scène en 2016 avec ma compagnie Appellation Théâtre Contrôlée. Je lis de tout, du moderne et du classique. Il y a des choses que j’aime un peu mais dont je ne me souviens pas assez après les avoir lues pour vouloir les monter. Il y a des choses que je voudrais vraiment monter mais je n’en ai pas les moyens : trop de monde, ou trop de décors, ou trop des deux. Je ne trouverai pas l’argent pour mettre en scène Shakespeare (Le Roi Lear, plus de vingt personnages) ou Brecht (Homme pour homme : douze personnages), et je n’aime pas doubler les rôles.
J’ai vu une Andromaque de Racine où la même comédienne jouait tous les rôles de confident(e)s. Elle jouait Cléone, Céphise et Phoenix en costume de vigile de super-marché…
En fait, j’ai beau lire et relire (Synge, Daniel Keene, Labiche, Martin Crimp, Claudel…) tout me ramène à Georges Dandin. J’écris Georges Dandin, parce que j’ai mis du temps avant de m’apercevoir qu’il n’y avait pas de « s » à George Dandin. Depuis, je ne me gêne pas non plus pour en faire la remarque aux ignorants que je croise.
George Dandin est une pièce un peu bizarre (glauque et cocasse, comme on peut lire dans les critiques) qui traîne dans un coin de ma tête depuis plusieurs mois déjà. Elle me touche par ce qu’elle raconte et par ce qu’elle dénonce. C’est aussi une pièce courte (trois actes) et la distribution n’est pas trop nombreuse (huit personnages).
À la fin de l’été, mon choix est fait : je vais monter George Dandin.

par Sophie
De l'éditorial à la communication web, je tente d'aider chaque auteur dans la création et la promotion de son livre !

commentaires

commenter cet article

[Connexion]