La Citadelle engloutie d’Edith PAYEUX (extrait 2)

Il attendait. Dans la maison toujours fraîche, parfois trop, il attendait. Non que le temps lui parût long. Au contraire, il aimait ces moments absolus où des mu-siques peu à peu s’insinuaient à son oreille disponible, se superposaient, s’enchevêtraient, se desserraient. Il pre-nait le temps de les parcourir pour les préciser, les faire mieux sonner… Voilà, comme ça, c’était comme ça qu’elles devaient s’écrire. Il écoutait. Mais depuis un moment, quelque chose s’était rompu : des bribes lanci-nantes se répétaient sottement, privées de sens, une mé-canique narguant tout discours. Un poison remontait du tréfonds, qui ne l’avait pas quitté, en fait, il y revenait maintenant, bien sûr, qui ne le quittait plus, même la nuit. Et le matin, se réveiller avec ça. Plus jamais sans. Vivre avec ça désormais, toujours, toujours, et pour combien de temps ? Un cancer. Il n’arrivait pas à y croire. Un cancer du poumon. Comment avait-il pu se faire ça ?
« Une tache au poumon ».

par Sophie
De l'éditorial à la communication web, je tente d'aider chaque auteur dans la création et la promotion de son livre !

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