L’Exil illuminé de Christophe BLANQUIE (extrait 2)

Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy, lieutenant général des armées du Roi avait connu des retours plus glorieux. Ce dix septembre 1666, la nuit tombait quand il était arrivé à Avallon, mais il avait refusé d’y faire étape. Il n’aurait tout simplement pas pu endurer l’effort de se faire porter jusqu’à une chambre du relais de poste. Il avait préféré rester sur le matelas roulé dans le carrosse pendant que le cocher prenait soin des chevaux. Il avait perdu connaissance lorsqu’ils avaient repris leur route. Il dormit par intermittences jusqu’à ce que la voiture ralentisse. Il la sentit brinquebaler en franchissant le pont dormant du château, entendit des appels, vit des flambeaux approcher.
Oublier son corps dolent, seulement se reposer, il n’aspirait qu’à ce que la douleur s’estompe. Il sombra de nouveau.
Il reconnut mal le décor de sa chambre en se réveillant, mais il éprouva un réconfort à reposer sur une vraie couche, entre des draps fins. En apercevant ses jardins par la fenêtre, il commença à comprendre qu’il ne subirait plus la surveillance de gardiens indifférents : il avait échappé à la prison.

par Julia

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