L’Aviatrice de Jean-Claude SEVIN

« Pierre quitta la caserne Galbert à Annecy le lundi 3 août 1914, déjà vêtu de son pantalon garance et de son manteau bleu, la tête rasée, sans casque et chargé de tout le paquetage en direction de la gare. Le long du parcours, des hommes, des réservistes ou des territoriaux criaient « À Berlin ! À Berlin ! » et beaucoup de femmes en larmes s’accrochaient à leurs bras. Des drapeaux ornaient quelques fenêtres et des vieux saluaient le détachement en criant « Vive la France ». Les événements étaient allés très vite comme une accélération de l’histoire. Jaurès est assassiné le 31 juillet quand Pierre faisait ses adieux à Clémence. Il n’avait pas souhaité qu’elle vienne à Annecy pour mouiller encore ses yeux. À quoi bon ! Pierre gardait dans toutes ces circonstances une solide carapace, bien que ce jour-là l’apparition de Clémence ait certainement troublé encore sa pensée. À vrai dire, il a toujours refusé la contrainte d’une femme et gardé dans l’action une démarche indépendante et au repos un caractère solitaire. »

par Léa
Personnage emblématique des éditions, je donne l'actualité de la maison !

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