D’autres rives, d’autres vies de Charlie G

Mais quelque chose de calme et de tendre l’avait depuis enveloppée. Plus tard. Quelque chose de simple et silencieux, qui demeurait radieux, étale et presqu’irrépressible. Qui se blottissait dans une main encore fine, un peu flétrie et amaigrie, cette main qui cherchait la sienne et dont elle se saisissait souvent. Celle de ce compagnon avec lequel, au bout du temps, elle avait su dépasser les heurts, pourtant douloureux, parfois violents, parfois humiliants, lors de soulèvements passionnels qu’ensemble ou séparément ils avaient traversés, mais qui n’avaient jamais abouti à les séparer. Ensemble ils étaient restés, malgré leur éventuelle solitude intérieure, ensemble ils avaient continué, s’emparant sans regret des chaos que la vie amoureuse d’elle-même semait sur leurs chemins.
Il avait fallu dépasser les vanités insidieuses de la sottise et des idées reçues, tous ces présupposés grossiers et banals que la morale sociale véhiculait dans sa cruauté vulgaire. Il avait fallu, ensemble, adopter une posture plus généreuse, plus aimante devant les vicissitudes d’une vie qui aime vivre.

par Léa

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