Il est 21 heures.
Il ne cherche pas à comprendre ou à faire la conversation.
Elle n’a sans doute pas envie de se confier. Avec elle, il ne fera pas le psy. Pas cette fois. Pas pour cette course. Il se contentera de la mener à bon port. Sans plus de mot que nécessaire, ses yeux fixent la route et il démarre direction Gare de Lyon. Il se permet d’allumer la radio. Elle ne relève pas l’interruption du silence. Il lui dit que si cela la gêne, il peut l’arrêter. Elle fait « non » de la tête, toujours avec cette esquisse de sourire. Il pense simplement qu’elle doit être jolie lorsqu’elle sourit vraiment. C’est dommage qu’une si belle femme puisse être si triste…
Au loin, un homme agite les bras et fait de grands signes. Il ne le voit pas.

Seul votre bonheur compte
Clora Fontaine

A l'aube de leur trente-sept ans de mariage, Viviane quitte Georges, son mari, et, même s'il a changé et est devenu acariâtre et aigri, pourquoi maintenant ?

Mais ses rêves fougueux forgés dans sa jeunesse sont toujours là, présents en elle, alors pourquoi y résister ?

Seul votre bonheur compte, rien que pour vous, sans modération.

Été 2014. Je lis des pièces de théâtre, une trentaine au moins. Cet hiver, j’ai monté Bérénice de Racine et nous avons joué jusqu’à la mi-avril. Je suis donc en train chercher une nouvelle pièce que je mettrai en scène en 2016 avec ma compagnie Appellation Théâtre Contrôlée. Je lis de tout, du moderne et du classique. Il y a des choses que j’aime un peu mais dont je ne me souviens pas assez après les avoir lues pour vouloir les monter. Il y a des choses que je voudrais vraiment monter mais je n’en ai pas les moyens : trop de monde, ou trop de décors, ou trop des deux. Je ne trouverai pas l’argent pour mettre en scène Shakespeare (Le Roi Lear, plus de vingt personnages) ou Brecht (Homme pour homme : douze personnages), et je n’aime pas doubler les rôles.
J’ai vu une Andromaque de Racine où la même comédienne jouait tous les rôles de confident(e)s. Elle jouait Cléone, Céphise et Phoenix en costume de vigile de super-marché…
En fait, j’ai beau lire et relire (Synge, Daniel Keene, Labiche, Martin Crimp, Claudel…) tout me ramène à Georges Dandin. J’écris Georges Dandin, parce que j’ai mis du temps avant de m’apercevoir qu’il n’y avait pas de « s » à George Dandin. Depuis, je ne me gêne pas non plus pour en faire la remarque aux ignorants que je croise.
George Dandin est une pièce un peu bizarre (glauque et cocasse, comme on peut lire dans les critiques) qui traîne dans un coin de ma tête depuis plusieurs mois déjà. Elle me touche par ce qu’elle raconte et par ce qu’elle dénonce. C’est aussi une pièce courte (trois actes) et la distribution n’est pas trop nombreuse (huit personnages).
À la fin de l’été, mon choix est fait : je vais monter George Dandin.

La dandinnerie
Christophe Huitorel

Christian Huitorel nous conte avec délice et érudition les joies et difficultés de la mise en place (et scène) d’une pièce de théâtre, ici le fameux « George Dandin » de Molière.

L’auteur, metteur en scène et comédien, nous offre un regard éclairant et humain sur le travail passionné que nécessite une telle entreprise en nous détaillant du début à la fin les affres du processus créatif, du casting aux représentations, en passant par les répétitions naturellement.

Une véritable aventure.

Il était trois fois, il y a bien longtemps, une Plume Magique aux couleurs étincelantes dont les gens disaient beaucoup de bien, et, au-delà de sa beauté, elle détenait un secret si bien gardé que personne ne l’avait encore percé à ce jour. De l’autre côté, un certain Plumet, muni d’un fabuleux panache mais aux reflets moins brillants, l’avait séduite. Nous ne savons malheureusement pas comment.
A moins que ce fut le contraire...

La Plume Magique - Magie autour du colombier
Jocelyne Tarral, Élisabeth Gontier

Manuscrit,

Calligraphies,

Photographies,

Caractérisent cette fête de la Plume,

très colorée ou les enfants grandiront

de surprises en surprises.

Le groupe Odycéal protège son image de marque, sa réputation – il en va de sa survie – et a embauché Philomène pour en être garante sur les sites web du groupe. Elle est devenue gardienne des temples numériques Odycéal et veille fièrement et scrupuleusement sur eux tel un cerbère malgré la placidité que ses collègues lui connaissent.
La jeune gardienne filtre des centaines de messages chaque jour. Pas un instant à perdre devant ces vagues numériques, elle agit vite pour ne pas perdre pied, pour ne pas se laisser engloutir par ce flot continuel et régulier, qui, contrairement à la marée, ne reflue jamais. Rigoureuse et professionnelle, elle classe systématiquement et mentalement les messages en trois catégories. Un peu comme un ouvrier agricole sur une chaîne de tri : les fruits pourris dans le casier de droite, les gros calibres dans celui de gauche et les petits ou irréguliers au centre. Sauf qu’il n’y a ici ni fruits, ni casiers. Juste des messages.

Point à la ligne
Fabienne Vincent-Galtié

Elles sont quatre femmes d’aujourd’hui, la plus jeune a 25 ans, la plus âgée 87 ans et vous vous reconnaîtrez en elles.

Quatre nouvelles intimistes retraçant des tranches de vie, ce qui fait penser à un polyptyque romanesque où, avec un peu d’optimisme et de volonté, chacun peut surmonter des périodes difficiles, comme nous en rencontrons tous, Point à la ligne.

Il attendait. Dans la maison toujours fraîche, parfois trop, il attendait. Non que le temps lui parût long. Au contraire, il aimait ces moments absolus où des mu-siques peu à peu s’insinuaient à son oreille disponible, se superposaient, s’enchevêtraient, se desserraient. Il pre-nait le temps de les parcourir pour les préciser, les faire mieux sonner… Voilà, comme ça, c’était comme ça qu’elles devaient s’écrire. Il écoutait. Mais depuis un moment, quelque chose s’était rompu : des bribes lanci-nantes se répétaient sottement, privées de sens, une mé-canique narguant tout discours. Un poison remontait du tréfonds, qui ne l’avait pas quitté, en fait, il y revenait maintenant, bien sûr, qui ne le quittait plus, même la nuit. Et le matin, se réveiller avec ça. Plus jamais sans. Vivre avec ça désormais, toujours, toujours, et pour combien de temps ? Un cancer. Il n’arrivait pas à y croire. Un cancer du poumon. Comment avait-il pu se faire ça ?
« Une tache au poumon ».

La citadelle engloutie
Édith Payeux

Héloïse et Louis, tous deux passionnés de musique, forment un couple atypique par leur différence d’âge considérable, ce qui n’a pas manqué de faire jaser leur entourage.

Rien ne les empêche de s’aimer et de s’installer à Montreuil-sur-Mer… Malheureusement, Louis apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon et c’est à Héloïse que l’on confie « neuf mois, douze mois au plus ».

Le couple tente de vivre avec cette menace et Héloïse tourne sur le chemin de ronde, comme autour de leur vie sans avenir.

La citadelle engloutie, un roman vrai…

Maintenant arrivés sur la terre des hommes, l’équipe se cachait pour échapper aux humains qui travaillaient à côté d’eux. Les aventuriers avaient réussi à se dissimuler vers l’entrée d’une petite forêt de sapins, qui n’était pas tellement grande car on voyait les collines de déchets juste derrière, une fois les bois traversés. Ils en profitèrent pour se reposer un peu, et faire recharger les batteries des robots avec leurs panneaux solaires. Tom avait rajouté l’option du rechargement par le mouvement des jambes des robots, mais cela ne suffisait pas, les batteries restaient trop faibles, et le robot ne pourrait pas voler. Dans l’eau, des hélices cachées dans les jambes et les bras du robot tournaient en fonction du courant de l’eau qui passait à l’intérieur d’elles pour recharger plus vite la batterie (comme une dynamo sur un vélo). Mais les panneaux solaires restaient toujours le rechargement le plus rapide. Tom avait pensé à toutes les situations. Il avait même créé un système de vidange pour les petits besoins quotidiens. Le mode « renouvellement en eau propre » ne fonctionnait que dans l’eau de mer. Sur la terre, le robot ne se vidangerait pas, mais garderait seule-ment le mode « oxygénation du bocal ».

Un poisson qui voulait marcher
Florance Tedeschi

Tout au fond de l’océan, se trouve un petit village concentré de poissons magnifiques, aux reflets d’arc en ciel. Une famille vit là-bas, avec un seul enfant rescapé d’une mauvaise ponte. Il est si petit que ses parents le couvent trop, et en ont fait un trouillard. Mais un jour, lors un devoir maison à faire pendant son temps libre, le petit se fait enlever, pour ensuite vivre dans le monde des humains. C’est à ce moment-là, qu’une équipe de cinq aventuriers est choisie, pour une expédition sur la terre des hommes dans une machine robotisée. L’aventure commence ainsi, avec les pièges et les casse-têtes pour éviter les êtres vivants terrestres seront rudes, il faudra qu’ils se cachent au moindre bruit.

Une touche de magie venue de nulle part, leur sera utile.

Un train avance vers le nord. À bord, tout est calme. Les lumières blanches qui éclairent l’obscur tunnel défilent derrière les vitres à un rythme hypnotique. Seuls les à-coups de la rame maintiennent les voyageurs en éveil. Dans ce havre mouvant de corps charriés et de visages chamarrés, les arrêts brusques rapprochent les inconnus. Les départs violents font vaciller les personnalités instables. Les pieds se chevauchent et les regards s’excusent.
Dans les villes du monde, la plèbe voyage en métro. Les nantis, eux, se déplacent à la surface. L’ascenseur social n’est pas qu’une formule. La fortune offre le privilège de profiter du paysage urbain. Alors que les uns se regroupent dans la pénombre, se serrent dans l’inconfort et se frottent tristement dans des wagons souterrains, les autres roulent confortablement sous la clarté du soleil ou de la lune.
Parmi les galeries sombres qui aèrent Paris, la ligne 4 ne fait pas exception à cette règle. Les classes les plus aisées y sont minoritaires. Voilà pourquoi elle est, pour les amoureux de la diversité humaine, la source inépuisable d’un vrai régal. Tous les teints s’y côtoient, s’y amassent et s’y confondent pour former une nouvelle ethnie métisse : la tribu parisienne.

Paris en bouteille
Thomas de Just

Pierre Pellissandre, jeune homme rangé, se prépare à passer une soirée comme les autres en compagnie de ses plus fidèles amis. Mais la nuit prend une tournure inattendue lorsque la belle Camille met son amour à l’épreuve en lui confiant une mission très spéciale.

Odyssée dans le Paris d’aujourd’hui, aperçu d’une jeunesse urbaine qui s’amuse comme elle peut, ce périple nocturne s’avèrera riche en enseignements pour Pierre.

Je me suis longuement posé la question de ce que devrait penser une personne dans une telle situation, à savoir, comment ou pourquoi quelque chose la forcerait à s’interroger à l’être, plutôt qu’au paraître, mais aussi, comment se concentrer sur ce qu’elle ressent, sur l’essentiel, en passant peut-être par cette sensation de vertige qui précède une chute.
L’autre personnage, plongé dans une léthargie provoquée, le pivot de cette histoire, se prénomme Joëlle. J’ai emprunté à ma propre mère ses traits de caractère, sa façon de vivre, qui privilégient le rapport à l’autre et à soi-même. Elle est dans une apparente faiblesse, mais fait apparaître progressivement son immense force et une certaine philosophie de la vie. Cette histoire survole un monde pour en faire ressortir la géographie des souvenirs, des liens entre les êtres, mais aussi un imaginaire dont on use peu en ces lieux.

Notre part d'éternité
Sydney Hacquart-Ouattara

Lorsque sa mère se retrouve dans une chambre d'hôpital, Lazare ne se doute pas du voyage intérieur et des dimensions poétiques voire extraordinaires qu'il va lui offrir alors qu'elle oscille entre rêves et coma.

Notre part d'éternité est une délicate attention offerte par un univers qui ne désire qu'une seule chose : Partager.

À la tombée de la nuit, ivre mort, Vincent était rentré sous une pluie battante dans son petit deux-pièces, aidé par son voisin de palier, Andrew Deswarte. Le lendemain, le réveil avait été assez difficile. Il avait dû se concentrer pour remettre ses idées en place. Plus de poste, plus de salaire, plus de raison de rester dans ce pays. Une évidence s’était imposée à lui. Vu qu’il n’allait plus avoir les moyens de se payer le luxe de continuer à vivre dans un des quartiers les plus huppés de Londres, autant rentrer en France. Il avait dû dans un premier temps prévenir sa famille de son retour, ensuite il s’était mis à la recherche d’un logement et d’un travail. Les jours suivants son licenciement, il avait passé ses journées au téléphone avec sa mère ou sur Internet pour organiser son retour à Paris. C’était en cherchant des documents dans les boîtes à chaussures qui lui servaient de rangement que Vincent avait retrouvé le journal intime de Rose, sa grand-mère. Sa mère Betty le lui avait donné la veille de son départ pour Londres. Il ne s’était jamais attardé dessus jusqu’à ce jour. Assis sur le sol, au pied de son lit, vêtu uniquement d’un bas de pyjama et une tasse de café fumante dans la main, il avait ouvert la première page du cahier en cuir rouge : Rose Clark’s diary – 1959.

Il avait lu d’une traite l’histoire de cette femme qu’il n’avait jamais vue et qui pourtant ne lui était pas inconnue. Certes, il connaissait une partie de la vie de sa grand-mère au travers de celle de Betty, mais pas sous cet angle. C’est au lendemain de cette découverte qu’il avait eu l’idée de romancer son journal intime. Il ne le savait pas encore, mais Vincent Spinozi allait bientôt laisser place à Léonard Deswarte.

Du vin sur les lèvres
Sonia Dron

Nina, secrétaire, ouvre par erreur une enveloppe contenant un manuscrit relatant la vie d'une certaine Rose. Elle donne rendez-vous à l'auteur pour lui remettre ses écrits. Une fois arrivée à l'endroit convenu, ce n'est pas lui qu'elle rencontrera, mais l'un de ses proches.

Nina, qui rêve d'une vie modèle, est loin de s'imaginer que sa vie va prendre une autre tournure.

Doute, mensonge, trahison et désir se mettront en travers de son chemin. Mais réussira-t-elle à sortir indemne des choix qu'elle aura à faire ?

La « bonne figure » faite par Adrienne durant l’échange se décompose aussitôt le combiné raccroché. Telle une poupée de chiffon à laquelle on aurait enlevé un support, elle s’affale un peu plus au creux du fauteuil-crapaud dans lequel elle est restée assise. Quel est ce coup du sort qui lui envoie un revenant pour lui titiller l’esprit ?
Constantin, son amoureux d’autrefois ! Comme un coup de cuillère dans une tasse de café turc, sa réapparition fait remonter en surface des souvenirs sédimentés et des questions.

« Une année de messages pour vous aider à la vie du bon côté et vous rendre heureuse », telle est la promesse sur la boîte que je découvre...
Une boîte à bonheur, comme si c’était possible ! Juliette et Charly se sont-ils rendus compte que je broyais souvent du noir ? Charly, probablement, mais il n’a absolument rien fait jusque-là pour me remonter le moral.

Point à la ligne
Fabienne Vincent-Galtié

Elles sont quatre femmes d’aujourd’hui, la plus jeune a 25 ans, la plus âgée 87 ans et vous vous reconnaîtrez en elles.

Quatre nouvelles intimistes retraçant des tranches de vie, ce qui fait penser à un polyptyque romanesque où, avec un peu d’optimisme et de volonté, chacun peut surmonter des périodes difficiles, comme nous en rencontrons tous, Point à la ligne.

Médecin de Famille. Famille et Médecin. Médecin en Famille. Papa tout à fait comblé. Ce blog pour apporter quelques témoignages. Ces derniers sont modifiés pour éviter tout rapprochement et respecter le secret médical. D’humbles réflexions pour débattre positivement entre patients et soignants. Des tranches de vie de patients, de toubib. Des coups de cœur, des humeurs. Comme on apprend plus de ses erreurs que de ses victoires, les billets de ce journal de bord dressent un tableau sans concession sur mon métier. Ces témoignages seront peut-être utiles à certains confrères, mais ils seront assurément précieux au soignant que je suis, pour ne pas laisser le temps effacer ces erreurs, les prévenir et garder l’humilité nécessaire face au(x) patient(s). Carpe Diem.

Le journal d'un toubib
Frédéric Dussauze

Frédéric Dussauze, médecin de famille, mais aussi médecin en famille, est parti trop tôt des suites d’un accident.

Le journal d’un toubib est le fruit de son travail, la transcription de son blog créé pour partager sa vie de médecin, mais aussi d’homme tourné vers les autres, généreux tant dans l’esprit que dans ses actions. Il l’avait créé pour que son expérience serve à des jeunes médecins, pour sa famille, pour ses patients et ses lecteurs…

Un livre plein de sagesse, de sensibilité et d’humour.

Un récit à lire sans modération…

Carpe Diem.

Il arrivait que j’entende du bruit qui venait du grenier même quand la trappe était fermée et que Jean-Jacques ne se trouvait pas dans la maison.
Rats ou chauves-souris ?
Et si c’était le spectre de Madeleine ?
Ce soir-là, la voix mystérieuse des deux premières nuits est revenue à mes oreilles.
Mon imagination a déferlé tous azimuts avec des hypothèses plus abracadabrantes les unes que les autres. J’édifiais, entre autres, un scénario dans lequel Madeleine était retenue prisonnière.
Me demandait-elle de chercher du secours ?
Était-ce désormais trop tard pour elle ?
Ou pour moi ?
Ou pour les deux ?

Hier, il sera trop tard
Geneviève Steinling

Marie-Jeanne a dix-huit ans quand on enterre son père. Le jour des obsèques, les souvenirs où punitions et humiliations étaient monnaie courante refont surface. Elle veut tout oublier. Elle s’enfuit et rencontre Jean-Jacques, un quinquagénaire qui lui propose de l’héberger. Dès la première nuit, elle est hantée par le fantôme de Madeleine, la fille de son hôte, morte trois ans auparavant, elle change d’identité et devient le clone de la jeune fille. Tout lui est permis sauf de monter au grenier.

Quel est le secret qu’on lui cache ?

Une rentrée perturbée
Chaabat-El-Leham, le 2 septembre 1976

Hier, comme on pouvait s’y attendre, peu de stagiaires étaient là. Les autres ont préféré ne pas revenir seulement pour un jour de cours avant le week-end. Nous avons occupé les présents jusqu’à midi avec quelques révisions, puis nous leur avons laissé quartier libre.
Pour le mois du ramadan, nous travaillons de neuf heures à seize heures, avec une pause déjeuner de treize heures à treize heures trente. Les stagiaires ont fait un avant-projet en juillet, ils font maintenant le projet correspondant. Nous n’allons pas être surchargés de travail !
L’après-midi, nous sommes allés à la plage. Le temps était somptueux et très agréable, avec un petit vent sympathique, la canicule de juillet semble bien passée. Malgré ces conditions météorologiques, seuls quelques coopérants étaient venus. Aucun Algérien n’était là, car c’est le ramadan.
En rentrant, j’ai trouvé une lettre d’un copain qui fait son service militaire et le terminera fin septembre. Il est stationné à Belfort, son régiment est parti tout le mois d’août en Côte d’Or pour y récolter de la paille. Elle était ensuite transportée par des véhicules de son régiment jusqu’en Saône-et-Loire. D’habitude, cette paille est broyée sur place, puis enterrée lors des labours. Cette année, elle a été récoltée pour les éleveurs qui, à cause de la sécheresse, n’ont pas de foin à donner à leurs bêtes.

Algérie 1976, je me souviens
Bernard Corbel

Fin 1975, treize ans après l’indépendance de l’Algérie, l’auteur part là-bas faire son service national en tant qu’ingénieur coopérant. A vingt-quatre ans, il découvre un autre monde que le sien. Des questionnements sur des affaires nationales et internationales apparaissent dans son esprit.

Algérie 1976, je me souviens, un univers troublant à découvrir dans ces chroniques vivantes…

L’homme avait un visage rondouillard. Un Occidental comme un autre... Sauf qu’il était célèbre, on le voyait parfois sur les écrans de CCTV. Il délaissa le groupe qui l’accompagnait. La fille avait l’air de l’intéresser. Elle s’approcha. Ils discutèrent un moment. L’homme grimaçait nerveusement. On aurait dit qu’il n’avait jamais été en boîte de nuit... La fille lui prit la main : « Vous ne danser pas ? » Ses cheveux lui balayaient le creux des reins. Qu’est-ce qu’elle était belle... Sun Yen cligna des yeux. Derrière le DJ, les écrans lumineux scintillaient à un rythme fou. Il prépara son appareil. Le stratagème allait fonctionner. Il faudrait shooter au bon moment...

L'Affaire Loovet
Pauline Fraisse

Jeune styliste, Denis décroche un stage chez Laurent Loovet, maison de couture à la renommée internationale. Très vite, il découvre que le couturier est menacé de mort ; Denis, dont la curiosité est sans limite, s’immisce alors dans les coulisses de ce monde où l’argent et les secrets règnent, au risque de mettre en péril son job, sa relation amoureuse, mais aussi sa vie…

Jusqu’où est-il prêt à aller pour découvrir la vérité ?

Plus de métro !

À chaque fois je refais le même constat :
quand j’en sors… mais j’étais où déjà ? !
et là sans y penser je vais vers où je dois.

Elle m’accompagne partout au trot,
dans le métro… y a plus d’métro !
J’le vois plus… ! Elle donne plein pot… !

LA MUSIQUE inonde mes écouteurs
elle envoie l’apesanteur
les gens paraissent hors d’heures !

Quand j’suis d’dans, j’le ressens même plus !
il roule, j’en sais pas plus !
Le métro ? ni vu connu !

Approche
John Air

Dans ce monde où tout va vite, la place de l’expression est souvent courte alors faites en une belle approche et embarquez-vous dans un univers moderne, tonique, avec un regard qui brille sur une vision sereine.

Recueil de vérités où simplement source d’inspiration.

Nous vivons sur une planète ronde et nous inventons des podiums carrés aux angles acérés.
MG, le personnage central qui suit, ne tolère pas cette situation.
MG est parfaitement inadapté aux podiums carrés. Puisque tourner carré, ça ne tourne pas rond.
Sa devise : rond comme je suis, je tombe, je roule et je m’en réjouis !
Sa vie : le but du jeu de la compétition est d’être toujours dépassé par une nouvelle force toujours plus forte que la dernière performance affichée, dominante.
À quoi bon la compétition dans ces conditions ?

Jeu de Pistes
Virginie Anselot

L'enfant : Qu'est-ce que le vent ?

La vieille femme : Sur Mars nous n'avons plus le vent naturel comme nous l'avions sur Terre. Il existe pourtant sur la planète. Mais nous ne pouvons encore en bénéficier pleinement tant que nous ne pouvons vivre ici à l'air libre. Alors nous l'avons imité. Il n'est pas naturel comme il l'était sur Terre, nous ne l'appelons donc pas le vent. Mais tu peux t'en faire une idée. Les grandes hélices qui tournent et brassent l'air pour le renouveler, fabriquent du vent que nous appelons ici le souvenir de l'air. Des ex-scientifiques-chercheurs pensent que bientôt nous pourrons vivre ici à l'air libre, que c'est possible et je le crois volontiers. Tu connaîtras le vent !

Entre roman d'anticipation et essai philosophique, Virginie Anselot nous entraîne dans ce récit imaginaire qui pourrait, si nous ne prenons pas garde, devenir réalité.

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé », écrivit Lamartine. Alors, on prend conscience que le silence, parfois, s’est installé entre un père et son fils, alors que la parole aurait dû s’imposer !
Aujourd’hui, je vais reprendre, au fil de ces pages, avec toi, mon cher papa, cette discussion que je n’ai pas jugée nécessaire auparavant, et que ton départ me fait regretter à présent.
Je t’invite donc à ce « conciliabule au-delà de l’absence »…

Conciliabule avec mon père
Julien Delhorne

Julien Delhorne s'adresse à son père, décédé en 1997, pour lui faire part de sa vision du monde et de l'amour : message peuplé de souvenirs, d'analyses et de références. Passionné de lecture depuis sa tendre enfance, dès que Jules Verne l'eut emmené à la découverte de L'Ile mystérieuse et des Enfants du capitaine Grant, il observe ici le monde et commente son évolution, des années 1950 jusqu'à nos jours. Témoin des bouleversements de notre société devenue complexe, et parfois douloureuse, Julien Delhorne suggère qu'elle pourrait, peut-être, se libérer de ses démons par un travail salutaire de mémoire et d'éducation.

Un square, un matin d’été, avant l’arrivée des amoureux. Faut se lever matin pour rêvasser à la fraîche, parce qu’ils débarquent tôt, les petits couples : ils n’ont pas de temps à perdre. Il y en a un, à deux bancs de moi ; pour un peu, tu les croirais endimanchés (pour un peu, parce que je crois bien qu’ils se sont échappés du boulot pour se retrouver). Qui se murmure des mots de désir à cette heure-là ? Ceux qui ne dorment pas ensemble. Je le reconnais, lui, avec sa belle cravate et ses espoirs tout neufs. Il n’ose pas lui toucher le bras, il espère, ne se décide pas. Ça y est ! Elle se lève, part sans se retourner. Pas de baiser ni de promesse, pas même un petit rendez-vous. Le type passe devant moi, tout décontenancé, pas encore triste. Il ne sait pas les regrets. Peut-être aussi est-il soulagé. Ou alors il ne l’aime pas comme je te veux. Parce que.

Pour une couchée de fougères
Christophe Blanquie

Mia redessine des maisons, Paulo reconstruit des vies. Forcément : les gens heureux n'ont pas d'histoire, mais ils accueillent les souvenirs, ceux des autres, les leurs aussi, au risque de découvrir les dessous du bonheur.

J’ai oublié mon compte rendu d’échographie… c’est bien une petite insuffisance cardiaque… rien de méchant m’a-t-on expliqué… l’origine ?… Je ne sais plus… Ah si… créatine ? créatinine ?… non ? créatinine c’est sur la prise de sang ?… pourtant… Ah si je me rappelle : c’est crétin quelque chose… Ah c’est trop bête d’avoir oublié ce compte rendu… oui vous avez raison ! C’est IDIOpathique !

Le journal d'un toubib
Frédéric Dussauze

Frédéric Dussauze, médecin de famille, mais aussi médecin en famille, est parti trop tôt des suites d’un accident.

Le journal d’un toubib est le fruit de son travail, la transcription de son blog créé pour partager sa vie de médecin, mais aussi d’homme tourné vers les autres, généreux tant dans l’esprit que dans ses actions. Il l’avait créé pour que son expérience serve à des jeunes médecins, pour sa famille, pour ses patients et ses lecteurs…

Un livre plein de sagesse, de sensibilité et d’humour.

Un récit à lire sans modération…

Carpe Diem.

Un prêtre dicte des épîtres, le regard disposé sur les enfants. Il semble lointain, comme s’il cherchait à interpeller l’au-delà ou une fibre d’éternité. C’est qu’il parle à la place de Dieu. Puis, il s’efface car un enfant va entrer en scène. Celui-ci sort des rangs et s’avance. Il rejoint l’autel et fait face à l’assemblée. Son attention se fixe sur les pages d’un livre. L’ouvrage est magnifique, relié d’or et galvaudé d’enluminures. Des lettres en arabesque débutent chaque paragraphe. Courbes et belles, elles ont la splendeur des décors des mille et une nuits. L’enfant lit. Sa voix se perd dans la nef. Les vitraux dispersent la candeur du jour. Elle accompagne l’écho de ses paroles.
– Lucas… Lucas… C’est à toi.
Soudain, tout s’immobilise.
– LUCAS !

Où est le p'tit Jésus
Jean-Paul Malet

En banlieue parisienne, à une époque où le prestige et l’influence de l’Église demeuraient grands, la figure ambiguë du curé traverse ces pages où se confronte l’idéal religieux, sévère et austère, à l’innocence et à la vitalité que portent en elle la jeunesse. Des enfants comme Lucas, Franck, Jean, dont les aventures les feront irrémédiablement croiser ces représentants parfois très discutables de l’institution religieuse.

Le Semis.
Il n’est pas avantageux d’employer les semis pour la création d’un vignoble ; ce mode de propagation ne peut être utilisé que pour la formation d’une pépinière et à titre d’essai. En effet, il est avéré que des graines récoltées sur les meilleurs cépages ne donnent, la plupart du temps, que des espaces beaucoup moins bonnes.

La Vigne et et le Vin
Francisque Chaverondier

Dans cet ouvrage, l’auteur a pour but l’amélioration des vins par un judicieux choix des cépages et par une vinification raisonnée et la culture économique de la vigne par la substitution de la charrue à la pioche, du fil de fer aux échalas et du sécateur à la serpe. Chaverondier prône la nécessité d’améliorer le vin car au XIXe siècle plus de deux millions d’hectares étaient réservés aux cépages grossiers alors que les cépages mi-fins et occupaient à peine trois cent mille hectares.

Ouvrage orné de 38 gravures.

Ce soir, une jolie princesse a pris un bain, s’est coiffée et maquillée. Elle a revêtu cet ensemble de dentelle noire que Pierre aime tant. Et elle s’est endormie, comme ça, en attendant qu’il vienne la réveiller. Mais pas seul, non, cette nuit, elle veut que Pierre la tire de son sommeil en lui présentant une nouvelle conquête. Elle veut la plus jolie fille qu’il puisse trouver, et Pierre ne peut pas la décevoir. Mais tout cela, Pierre l’a oublié au pire des moments.
Pierre est un sombre crétin. Vous savez désormais pourquoi. Et lui aussi.
Mais il est trop tard pour espérer revenir dans le paradis rouge qu’était le bar de lesbiennes. Trop tard, parce qu’il fait déjà la queue pour rentrer au Perchoir. Les filles ont insisté, elles en ont marre des bars glauques, elles veulent du sophistiqué, du classieux, du cool. Alors, puisque ce n’est pas loin, les garçons ont décidé de les inviter à boire des bouteilles de blanc sur le toit du BHV. Pour l’instant, ils attendent dans la tiède moiteur d’une nuit de printemps parisienne.

Paris en bouteille
Thomas de Just

Pierre Pellissandre, jeune homme rangé, se prépare à passer une soirée comme les autres en compagnie de ses plus fidèles amis. Mais la nuit prend une tournure inattendue lorsque la belle Camille met son amour à l’épreuve en lui confiant une mission très spéciale.

Odyssée dans le Paris d’aujourd’hui, aperçu d’une jeunesse urbaine qui s’amuse comme elle peut, ce périple nocturne s’avèrera riche en enseignements pour Pierre.

Jules a été incinéré à New York. Ses cendres sont là, dans le sac de voyage que Marcello a posé dans le hall tout à l’heure. Elle hésite un moment, pourquoi ne pas conserver l’urne près d’elle cette nuit ? En fait non, il lui semble qu’il vaut mieux la monter dans la chambre qu’il occupait quand il décidait de dormir ici, à la Tenuta.
Elle revient dans la bibliothèque, prends son sac à main et en sort une lettre. Elle l’a trouvée dans son courrier quand elle est rentrée à Paris. Ça lui a fait un choc de reconnaître l’écriture de Jules sur l’enveloppe. Elle n’en a pas parlé à Marc ni à Gaëtane ou Marjorie. Elle sait qu’elle ne le fera pas. Elle veut encore une fois les préserver.
Elle ouvre le secrétaire de son père et prend un bloc de papier armorié. Elle va écrire à Jules, comme elle se l’est promis, elle en a pour toute la nuit, et au matin elle ira sur la terrasse avec Marjorie et Gaëtane, Marcello et la mère de Marcello. Marc sera là, elle en est certaine à présent.
Peut-être qu’écrire l’aidera. A retrouver ce fils qu’elle a perdu en voulant le protéger d’une vérité qu’elle croyait trop pénible à vivre.

L'ultime Lettre
Pierre Rouy-Cartier

La famille est souvent considérée comme un lieu d’épanouissement pour chacun, mais quand il y a des secrets et des non-dits qui distillent sournoisement leur poison dans les méandres des relations, l’irrémédiable peut survenir.

Vous allez découvrir dans L’ultime lettre de Pauline à son fils Jules au travers d’un enchaînement inéluctable de faits et de sentiments, les enjeux cachés d’une vie égarée dans la préservation des apparences.

L’ultime lettre est un roman qui ne vous laissera pas sans réflexion sur la vérité et la sincérité des sentiments d’une mère à l’égard de son fils.

Surprise, elle accepta de céder au désir innocent de son visiteur. Rien en lui ne fut sexuel. Il voulait juste de la douceur.
– Vous êtes belle ! soupira-t-il, d’une voix douce et ébahie.
Elle sourit et porta son doigt contre sa bouche afin de l’inviter à ne pas parler, comme pour lui dire :
– Ne dis pas de bêtises. Savoure.
Puis elle se pencha et posa un baiser sur son front, ses longs cheveux répandus tout autour de son visage, tandis que sa main continuait d’effleurer son bras. Lorsqu’elle sentit la respiration de Julien ralentir puis un ronronnement naître, indiquant qu’il était en train de s’assoupir, Bérénice se dégagea du matelas. Assise sur une chaise, c’était elle qui s’offrait ce privilège. Elle constata que le visage du jeune homme était apaisé. Ses traits étaient fins et harmonieux. Comment s’appelait-il déjà ? Elle avait oublié.
Après quelques minutes, elle décida de le réveiller avant qu’il ne sombre dans un sommeil profond. Il fallait libérer la chambre, même si aujourd’hui ce n’était pas l’affluence. Il eut du mal à se remettre en ordre mais, en la quittant, il eut envers elle un dernier geste interdit. Avec une vivacité qui la surprit, il déposa sur ses lèvres un baiser reconnaissant.

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

Mais quelque chose de calme et de tendre l’avait depuis enveloppée. Plus tard. Quelque chose de simple et silencieux, qui demeurait radieux, étale et presqu’irrépressible. Qui se blottissait dans une main encore fine, un peu flétrie et amaigrie, cette main qui cherchait la sienne et dont elle se saisissait souvent. Celle de ce compagnon avec lequel, au bout du temps, elle avait su dépasser les heurts, pourtant douloureux, parfois violents, parfois humiliants, lors de soulèvements passionnels qu’ensemble ou séparément ils avaient traversés, mais qui n’avaient jamais abouti à les séparer. Ensemble ils étaient restés, malgré leur éventuelle solitude intérieure, ensemble ils avaient continué, s’emparant sans regret des chaos que la vie amoureuse d’elle-même semait sur leurs chemins.
Il avait fallu dépasser les vanités insidieuses de la sottise et des idées reçues, tous ces présupposés grossiers et banals que la morale sociale véhiculait dans sa cruauté vulgaire. Il avait fallu, ensemble, adopter une posture plus généreuse, plus aimante devant les vicissitudes d’une vie qui aime vivre.

D'autres rives, d'autres vies
Charlie G

Alors que Caroline passe des vacances heureuses à San Francisco, en compagnie d’Alexandre, son compagnon de vie, celui-ci décide brusquement de ne pas rentrer avec elle à Paris.

Choquée, désorientée, Alexandre se refusant à toute explication, Caroline s’engage à son retour dans une recherche insatiable de liberté, pour échapper à son désarroi.

Les questions qu’elle se pose restant sans réponse, elle traque les mots qui clarifient sa pensée, dans ses souvenirs, au travail, dans la littérature et les musées, en voyage, dans l’amitié…

Et malgré l’obsession du chagrin qui ne la quitte pas, elle découvre que son monde s’élargit et que son désir de vivre explose et l’entraîne vers d’autres rives, d’autres vies

Le train a démarré presque aussitôt. Je n’avais pas envie de parler, l’homme non plus apparemment car il a sorti un livre de son sac et a plongé le nez dedans. C’était Crime et châtiment de Dostoïevski.
Les paysages défilaient : les routes au loin, les champs, les maisons, les clochers d’église, les montagnes, les pâturages, les sapins, les vaches, les moutons, les tracteurs…
C’était la première fois que je quittais mon Jura natal. Mon cœur battait de joie, et pourtant je ressentais un pincement au cœur en pensant à Lili. Je m’étais enfuie et dans mon égarement je l’avais laissée là-bas.
Ma poupée était mon bien le plus précieux. Je ne pouvais plus faire marche arrière pour la récupérer. J’avais le cœur lourd, j’ai pressé mon petit sac à main en simili cuir contre ma poitrine.

Hier, il sera trop tard
Geneviève Steinling

Marie-Jeanne a dix-huit ans quand on enterre son père. Le jour des obsèques, les souvenirs où punitions et humiliations étaient monnaie courante refont surface. Elle veut tout oublier. Elle s’enfuit et rencontre Jean-Jacques, un quinquagénaire qui lui propose de l’héberger. Dès la première nuit, elle est hantée par le fantôme de Madeleine, la fille de son hôte, morte trois ans auparavant, elle change d’identité et devient le clone de la jeune fille. Tout lui est permis sauf de monter au grenier.

Quel est le secret qu’on lui cache ?

Elle dévisagea son interlocuteur, étonnée de le découvrir beaucoup plus jeune qu’elle ne se l’était imaginé. De petites ridules présentes au coin de ses yeux foncés laissaient deviner qu’il devait être proche de la quarantaine, sans toutefois l’avoir atteinte. Son épaisse chevelure brune et ses fossettes aux creux de ses joues lui donnaient un air sympathique. Le tout faisait de lui un assez bel homme d’ailleurs. Elle se leva gênée et fit tomber le manuscrit, oubliant qu’il était posé sur ses genoux. Elle le ramassa en lâchant un juron.
— Vous êtes Léonard ? dit-elle, surprise. Je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas… enfin, je ne l’ai pas fait exprès… balbutia-t-elle perdant le fil de sa phrase.
— Je suis Vincent Spinozi. Léonard Deswarte est mon oncle. Il s’excuse, mais il n’a pas pu venir. Il m’a chargé de récupérer son manuscrit à sa place, précisa-t-il en la surplombant.

Du vin sur les lèvres
Sonia Dron

Nina, secrétaire, ouvre par erreur une enveloppe contenant un manuscrit relatant la vie d'une certaine Rose. Elle donne rendez-vous à l'auteur pour lui remettre ses écrits. Une fois arrivée à l'endroit convenu, ce n'est pas lui qu'elle rencontrera, mais l'un de ses proches.

Nina, qui rêve d'une vie modèle, est loin de s'imaginer que sa vie va prendre une autre tournure.

Doute, mensonge, trahison et désir se mettront en travers de son chemin. Mais réussira-t-elle à sortir indemne des choix qu'elle aura à faire ?

La grand-voile se dépliait peu à peu, tandis que je nouais l’écoute au taquet, je n’avais pas remarqué la femme, une mère qui tenait son bébé dans les bras, une petite valise à roulettes à côté, un sac à dos, le foulard sur la tête ne pouvant cacher une épaisse chevelure noire. Elle me regardait en désignant mon bateau. J’ai horreur de ça. Je veux qu’on me cause d’abord, même dans une langue étrangère. Une réfugiée, ai-je pensé aussitôt. Ou une terroriste en fuite ? L’enfant étant une leurre. Et elle voulait que je l’embarque ? Je lui fais un signe de la main et je secoue latéralement la tête en signe de refus.

Issue de voiles
Yannick Girouard

Quand Yohanna, réfugiée d’Érythrée, demande au capitaine Armand de la faire traverser clandestinement elle et son nourrisson jusqu'en Angleterre, il hésite mais accepte, malgré la présence à bord d'une famille en crise. S'engage alors une traversée tumultueuse où les protagonistes, prisonniers d'une cohabitation dramatique, se confrontent, se (re)découvrent, s'aiment. A travers les liens qui unissent nos personnages, Issue de voiles questionne intelligemment notre société contemporaine.

Hertfordhall, le 14 avril 1621

Cela fait une semaine maintenant que je suis enfermée dans cette petite chambre. Elle est encore moins chaleureuse qu’une cellule de nonne. Un châlit de bois rudimentaire, une petite chaise et une table. C’est tout. Je ne sais pas pourquoi le Comte m’a faite enfermer. Je ne crois pas avoir fait quoi que soit pour le contrarier. D’ailleurs, je ne le vois pas. Pas une fois, il n’est passé me voir.

Mon seul contact avec l’extérieur est la gouvernante, Hazel. Elle aussi me fait peur, elle est d’une laideur repoussante et me regarde avec un air mauvais et suspicieux. Elle vient m’apporter mes repas, de l’eau pour ma toilette, et changer mon seau. Elle ne me dit pas un mot.

Le Médaillon d'Émeraude ** - La Chambre Écarlate
Anne-Sophie Le Bris

Printemps 1660, Emma, dévastée par un drame récent, quitte le Médoc pour rejoindre Londres, alors que Charles II s’apprête à rentrer en Angleterre pour y restaurer la monarchie.

C’est finalement à Hertfordhall, le domaine familial de Jack, qu’Emma trouve refuge.

Parviendra-t-elle à se reconstruire et à lever le voile sur les terribles secrets du vieux manoir abandonné ?

Comment ce beau rêve s’évanouit-il ? Comment les acclamations de l’avènement se changèrent-elles en murmures, puis en malédictions ? Comment une reine adorée de tout un peuple perdit-elle son affection avant de mourir de sa haine ? Comment celle qui paraissait douée pour relever le prestige de la Monarchie aida-t-elle à en précipiter la chute ? C’est là un des plus tristes problèmes de l’histoire, mais qui ne demande, pour être résolu, que de l’impartialité et de la franchise.

Marie-Antoinette
Pierre de Nolhac

Pierre de Nolhac attaché puis conservateur du musée national de Versailles de 1886 à 1920, est de fait le premier biographe de Marie-Antoinette. Membre de l’Académie française décédé à soixante quinze ans le 31 janvier 1936 au musée Jacquemart-André à Paris, il venait de confier à la librairie Plon le soin de publier la présente édition bibliophilique afin de laisser à la postérité la quintessence de ses recherches d’historien et d’historien de l’art sur Marie-Antoinette, terminant son opus par une phrase bien révélatrice de l’auteur :

« Le peuple se demande déjà ce qu’a gagné la République à tuer cette femme. »

Devant l’amphi Milka fait sensation. Ben l’a assise à côté d’elle sur le grand bureau magistrale.
« J’espère que vous êtes en forme pour cette après-midi. Je suis venue avec Milka que vous avez vue ce matin dans le film. »
Tous les yeux sont rivés sur la gorille seulement vêtue de son chapeau rouge qui la rassure. Ben sent néanmoins son malaise.
« Posez lui vos questions, je traduirai. »
La salle reste quelques instants silencieuse, plongée dans l’incompréhension à l’idée de cette communication inter-espèce et ne sachant surtout quoi demander à un « singe. » C’est la jeune fille du matin qui se lance :
« Comment t’appelles-tu ? »
Ben traduit avec ses mains et tandis que Milka la regarde consciencieusement, elle la voit qui se met à lever la tête au plafond et retrousser ses babines à mi-chemin entre le sourire et le rire. Elle répond du tac au tac :
« Milka et toi ? »
La jeune fille rougit tout à la fois interloquée par la répartie et gênée de donner son nom à un singe :
« Joséphine. »

Syndrome O
Bénédicte Vidor-Pierre

Primatologue, Ben entretient une relation très particulière avec les grands singes qui occupent le zoo où elle travaille.

Malgré son asociabilité, elle est liée avec la fêtarde et libertine Châle, et Marie-Céline, un peu cruche mais attachante.

Le quotidien de ces trois femmes s’enracine, au fur et à mesure, au cœur de la frontière entre l’Homme et l’animal qui s’avère de plus en plus trouble.

Il y avait tellement de manipulations, qu’une boue s’était mélangée au paysage, entravant ainsi la vue de Bubulle qui perdit des yeux ses objets brillants. Il allait dans la direction des objets qui se laissaient voir par moment quand la boue se dissipait. Inconscient, il ramassait des objets pour son devoir. Il en trouvait pleins, avec des noms bizarres inscrits dessus. Tellement pris dans sa découverte, il en oublia sa peur. Les engins continuaient à faire de la boue : plus moyen de trouver la sortie avec ses nageoires pleines, ni de retourner dans la voiture pour montrer tous cela à son père. Prisonnier dans un nuage noir et épais, une pelle géante l’emportait vers le haut de la surface de la mer. Bubulle étourdit et agonisant du manque d’eau et d’oxygène, se retrouvait sur un tapis roulant qui l’emmenait encore plus vers les humains. Le tapis s’arrêtait sur une machine scannant les objets pour les trier, il se sentit transporter et retrouva le souffle de la vie dans un verre d’eau de mer. Il était fait prisonnier.

Un poisson qui voulait marcher
Florance Tedeschi

Tout au fond de l’océan, se trouve un petit village concentré de poissons magnifiques, aux reflets d’arc en ciel. Une famille vit là-bas, avec un seul enfant rescapé d’une mauvaise ponte. Il est si petit que ses parents le couvent trop, et en ont fait un trouillard. Mais un jour, lors un devoir maison à faire pendant son temps libre, le petit se fait enlever, pour ensuite vivre dans le monde des humains. C’est à ce moment-là, qu’une équipe de cinq aventuriers est choisie, pour une expédition sur la terre des hommes dans une machine robotisée. L’aventure commence ainsi, avec les pièges et les casse-têtes pour éviter les êtres vivants terrestres seront rudes, il faudra qu’ils se cachent au moindre bruit.

Une touche de magie venue de nulle part, leur sera utile.

Jugulo Gentleman était le fils, cadet, de Pulap Evariste Gentleman. Long en bouche, charmant et pastoral. Plutôt habile de ses doigts courtauds, jamais en reste à remonter au front des choses. De grandes boucles d’un châtain clair, aériennes et tirebouchonnées, des reflets dorés sur tranche, une épaisse tignasse de bagarreur. Un gringalet accrocheur, taillé comme un p’tit LU, passé maître dans la castagne. Les coups pleuvaient comme vache qui pisse. Mais ça, c’était forcément avant le KO ! Deux baguettes moulées en guise de guibolles, lacérées à la lame de rasoir, croustillantes et savoureuses. L’arôme persistant des douceurs enfantines, un sparadrap à chaque genou, une course échevelée, un contre-pied instinctif, si haut perché que la terre était basse.
Sur le bout de la langue, rien dans les brandillons, très en canne pour riper au plus pressé, Jugulo Gentleman, chicaneur aux grands sentiments, généreux dans les entourloupettes foireuses, vif dans la première taloche. Rapide de l’invective, au plus près de l’esquive. Le patron d’une bande à minables. Rien qu’à trainer jusqu’à plus soir.

Que la terre est basse
Laurent Chevalier

Épicier, cuisinier, marin, fils de son père, marabout, fondateur d’une clinique du plaisir… Voici une partie des facettes de Jugulo Gentleman, fils de Pulap Evariste Gentleman, aussi appelé GEP. À eux deux, ils ont rencontré une bonne moitié des femmes de cette planète, occupé des postes saugrenus et connu les joies de l’incarcération. Tout ceci mène Jugulo à être classé monument de l’humanité et à comprendre que le plus important est la relation d’un fils avec son père.

Telle est la joie de vivre dévoilée dans Que la terre est basse

« L’enfant : Qu’est-ce que le vent ?

La vieille femme : Sur Mars nous n’avons plus le vent naturel comme nous l’avions sur Terre. Il existe pourtant sur la planète. Mais nous ne pouvons encore en bénéficier pleinement tant que nous ne pouvons vivre ici à l’air libre. Alors nous l’avons imité. Il n’est pas naturel comme il l’était sur Terre, nous ne l’appelons donc pas le vent. Mais tu peux t’en faire une idée. Les grandes hélices qui tournent et brassent l’air pour le renouveler, fabriquent du vent que nous appelons ici le souvenir de l’air. Des ex-scientifiques-chercheurs pensent que bientôt nous pourrons vivre ici à l’air libre, que c’est possible et je le crois volontiers. Tu connaîtras le vent ! »

Jeu de Pistes
Virginie Anselot

L'enfant : Qu'est-ce que le vent ?

La vieille femme : Sur Mars nous n'avons plus le vent naturel comme nous l'avions sur Terre. Il existe pourtant sur la planète. Mais nous ne pouvons encore en bénéficier pleinement tant que nous ne pouvons vivre ici à l'air libre. Alors nous l'avons imité. Il n'est pas naturel comme il l'était sur Terre, nous ne l'appelons donc pas le vent. Mais tu peux t'en faire une idée. Les grandes hélices qui tournent et brassent l'air pour le renouveler, fabriquent du vent que nous appelons ici le souvenir de l'air. Des ex-scientifiques-chercheurs pensent que bientôt nous pourrons vivre ici à l'air libre, que c'est possible et je le crois volontiers. Tu connaîtras le vent !

Entre roman d'anticipation et essai philosophique, Virginie Anselot nous entraîne dans ce récit imaginaire qui pourrait, si nous ne prenons pas garde, devenir réalité.

Quand vous avez quitté le kibboutz, Simon, Marthe et toi, tu m’avais fait la promesse de retourner à Vienne et à Krems avec Marthe. Simon m’a raconté votre départ et ton retour en Autriche seul. Tu as laissé Marthe à Paris, comptant encore une fois sur Simon pour prendre soin d’elle, sans lui donner plus d’explications. Que s’est-il passé au cours de ton séjour à Krems ? Qu’espérais-tu donc trouver dans ce lieu qui n’est plus que le tombeau de votre famille ? Pourquoi ne me donnes-tu plus de nouvelles ? Je sais que mes lettres te parviennent par Simon. Ne laisse pas ton absence envahir tout l’espace ! Yannosh, treize ans se sont écoulés, ne sois pas ton propre bourreau.
Je ne peux pas t’écrire plus longuement, il vient d’y avoir une alerte, nous devons descendre dans les abris. Je t’en prie, cesse ce silence entre nous. Je t’ai pardonné depuis longtemps, je vous ai pardonné. Je t’aime.
Léah

Pour un peuple d'oiseaux
Sarah Oling

Quand le maestro Yann Holdman, vieil homme poursuivi par de puissants fantômes mémoriels, joue une partition mélodieuse, il ne parle plus qu’aux oiseaux.

Pour un peuple d’oiseaux est un roman qui va vous transporter dans les airs doux et harmonieux, car les miracles et les temps de grâce protègent les rêveurs et les utopistes.

« Ils souriaient comme des enfants. Leur sourire était comme l’arc-en-ciel, rare et imprévisible, qui réconcilie le soleil et la pluie et métamorphose le paysage le temps d’un instant. Bonheur précaire que seul le souvenir prolongera, magnifiera pour, enfin, le figer en une nostalgie éternelle.

Il vit en elle des blessures, un immense besoin d’amour, une force hors du commun qui abritait une fragilité certainement ancienne. Elle vit en lui un printemps en attente de l’été et orphelin de l’hiver, un cœur sur le point de naître. »

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

« Dans mon enfance, je me suis enfui dans les rêves pour échapper à un quotidien qui me rendait malheureux et y concevoir un univers enchanteur où je trouvais enfin le bonheur. Je vivais dans ma bulle, isolé loin de tout, loin de la cruauté de la société qui se moquait de mon obésité. Mon cœur cherchait l’amour. Si je le trouvais dans les rêves, je devais bien me l’avouer, il ne viendrait jamais dans la réalité. Un jour vînt la fin de ce rêve ou la terrible descente aux enfers, le cœur effleuré, le cauchemar émergé. J’étais prisonnier dans cette sphère imaginaire tournant en rond sans savoir comment me réveiller. Les murs se dressaient devant moi, se renfermant de jour en jour sur moi-même, sans espoir de le trouver, je me perdais, je devais me retrouver dans la réalité. J’ai quinze ans lorsque je débute le récit d’un passé qui m’a troublé. »

L'aube de ma jeunesse
Stéphane Grare

Stéphane a quinze ans. Malgré une famille aimante, l'adolescent se sent seul et abattu, rejeté par ses camarades du fait de son surpoids. Pour se protéger, il s'imagine un monde parallèle. Dans cet échappatoire onirique où il est le roi, il puise sa force pour mener à bien le combat qui s'amorce, combat contre son obésité, notre société, la réalité… mais aussi contre lui-même.

Stéphane parviendra-t-il à se réconcilier avec cette réalité, celle qu'il évite vainement au fil des jours ?

« Il ferma les yeux mais l’image de la jeune femme sur le banc s’incrustait en permanence sur le fond noir de ses paupières. Il se sentait épuisé mais n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il tournait dans son lit, agité. N’en pouvant plus, il alluma la lampe et lut deux nouvelles de Yukio Mishima. Puis il éteignit la lumière, sans grande conviction.
L’image de la jeune femme revint instantanément. Il la trouvait de plus en plus belle au fur et à mesure qu’il pensait à elle. Il ne l’avait vue que quelques secondes mais son visage demeurait gravé en lui. Il fallut attendre cinq heures du matin pour que le sommeil le gagne enfin. A force de penser à elle, il avait fini par céder à l’appel de la libération solitaire, réinventant l’inconnue sous des contours fantasmés. »

L'inconnue sur le banc
Philippe Leclercq

Après le décès brutal de son épouse, Éric plonge dans une solitude glacée et ne voit d'autre solution que l’exil en Bretagne, dans la demeure familiale, isolée à flanc de colline. Le quinquagénaire dépoussière son passé, découvre la monotonie des longues journées d’hiver et cède aux démons de son esprit.

Il pense son salut possible lorsqu’il rencontre Charlotte, jeune femme solitaire contemplant l’horizon sur un banc du port. Porteuse d'un mystérieux secret, elle va lui offrir l'éclat de sa jeunesse et l'ivresse de sa beauté. Mais elle est un ange noir qui menace l'horizon d’Éric...

« Il s’était longtemps demandé comment l’approcher. Curieusement, à son âge, il restait encore meurtri par une adolescence timide et complexée qui le tenait à distance des femmes qu’il estimait inabordables. Pourtant, depuis qu’il l’avait retrouvée par hasard dans le quartier où elle travaillait, il n’avait plus jamais cessé de penser à elle. Alors, il était revenu sans motif, rien que pour l’entr’apercevoir, prétextant qu’il passait par là.
Louise n’avait pas été dupe. Elle avait trouvé cette gaucherie charmante. Elle n’y avait pas été insensible non plus. À la fois intimidée et intriguée par cet homme, elle avait ressenti une attirance assez singulière. Une de celles éprouvées face à un ours, entre crainte et fascination. »

Feu majuscule
Annie-Martine Blanc

Louise, vieille belle au moi dormant qui se méfie des hommes retrouve par hasard Lucas, encore brillant séducteur et amoureux insatiable. Une longue correspondance les entraîne à se noyer dans les mots, se disperser dans la ponctuation, se réprimer dans l'orthographe. Oubliant presque le réel, ils se réveillent dans un baiser de conte, promesse ouverte de ce que pourrait être désormais leur vie. Vont-ils faire de leurs plaies et bosses des reliefs intéressants pour la suite ?

Rester de simples mortels dans une histoire d'amour... presque ordinaire ?

« Lorsqu’ils sortaient, Sarah et Amine ne passaient pas inaperçus. Ils avaient l’air d’être faits l’un pour l’autre, et leur complicité était enviable. Ils avaient toujours des choses à se raconter et le faisaient avec le même enthousiasme qu’à leurs débuts. Les gens leur souriaient, car ils leur évoquaient quelque chose se rapprochant du bonheur. À les voir à leur table, ils donnent l’impression d’être un tout jeune couple, malgré leurs sept années de mariage. Le temps semble s’être arrêté autour d’eux. Si Amine ne masquait pas si bien son humeur, elle percevrait qu’il était pourtant ce soir-là quelque peu ailleurs, pensif. Au fil des ans, il avait pris l’habitude de préserver Sarah de ses états d’âme. Il est troublé par cette phrase qu’il a très distinctement entendue dans son rêve. « Parle-moi de ton plus grand regret », se répète-t-il dans sa tête. »

Le Génie
Sofyen Brahim

Que feriez-vous si vous aviez la possibilité de revenir dans le passé pour réparer une erreur ?

Depuis quelques nuits, une voix interpelle Amine dans ses rêves. Sarah le trouve de plus en plus lointain. Leur tout jeune fils perçoit le changement également.

S’enfonçant peu à peu dans le monde des songes à la recherche de réponses à ses espoirs les plus enfuis, Amine devra bientôt prendre une décision qui pourrait changer le cours de son existence.

Du rêve à la réalité, laissez-vous embarquer dans cette histoire hors du commun au scénario imprévisible.

« Christian Huitorel a tout saisi de ce qui, chez Molière, touche à l’âme. La tendresse humaine. Comme acteur avec une élégance rare, il livre dans ses interprétations une retenue, une délicatesse, qui sont chez Molière synonymes de cette nudité d’âme qui émeut le public populaire qui s’y retrouve.

Comme metteur en scène, il déchiquette avec l’habileté d’un chirurgien ce qui choque, ce qui interpelle, ce qui, chez Molière, rappelle au public ému qu’il pourrait lui-même être à la place du héros confronté aux tourments, à la rage, à la détresse, à la solitude, qui l’encerclent pour nous pousser à en rire comme une libération.

Vous l’avez compris George Dandin ressemble comme un frère à Christian Huitorel. Un homme amoureux, non pas de son épouse, mais de sa passion, le théâtre, qu’il aura servi de tout son cœur et de toute son humilité.

Francis Huster »

La dandinnerie
Christophe Huitorel

Christian Huitorel nous conte avec délice et érudition les joies et difficultés de la mise en place (et scène) d’une pièce de théâtre, ici le fameux « George Dandin » de Molière.

L’auteur, metteur en scène et comédien, nous offre un regard éclairant et humain sur le travail passionné que nécessite une telle entreprise en nous détaillant du début à la fin les affres du processus créatif, du casting aux représentations, en passant par les répétitions naturellement.

Une véritable aventure.

« Les apparitions de Louise réglèrent insensiblement ses journées. Elle venait le matin, pour aviser à leurs affaires ; à midi, ils prenaient ensemble le dîner (presqu’une collation pour Bussy, qui avait toujours préféré d’autres plaisirs à ceux de la table) ; ils se retrouvaient dans l’après-dînée pour quelque lecture ou pour une promenade. En s’appuyant sur son bras, Bussy regrettait que l’Infidèle ne le voie pas – il aurait voulu la blesser, lui rendre un peu du chagrin qu’elle lui infligeait. »

L'Exil illuminé
Christophe Blanquie

Lorsque Louis XIV le relègue en Bourgogne, Roger de Bussy-Rabutin n'a de cesse de retourner à la cour et d'y retrouver ses belles amies. Jusqu'à ce que le charme tenace d'une jeune femme mariée illumine son exil. Pour Mme de La Roche, il est même prêt à reprendre ses manières libertines et à feindre d'aimer ailleurs.

« Pierre quitta la caserne Galbert à Annecy le lundi 3 août 1914, déjà vêtu de son pantalon garance et de son manteau bleu, la tête rasée, sans casque et chargé de tout le paquetage en direction de la gare. Le long du parcours, des hommes, des réservistes ou des territoriaux criaient « À Berlin ! À Berlin ! » et beaucoup de femmes en larmes s’accrochaient à leurs bras. Des drapeaux ornaient quelques fenêtres et des vieux saluaient le détachement en criant « Vive la France ». Les événements étaient allés très vite comme une accélération de l’histoire. Jaurès est assassiné le 31 juillet quand Pierre faisait ses adieux à Clémence. Il n’avait pas souhaité qu’elle vienne à Annecy pour mouiller encore ses yeux. À quoi bon ! Pierre gardait dans toutes ces circonstances une solide carapace, bien que ce jour-là l’apparition de Clémence ait certainement troublé encore sa pensée. À vrai dire, il a toujours refusé la contrainte d’une femme et gardé dans l’action une démarche indépendante et au repos un caractère solitaire. »

L'Aviatrice - Volume 1, 1914-1919'
Jean-Claude Sevin

Dès les premières lignes du roman, il y a la guerre tragique et sombre qui se prépare. Pierre, le héros va traverser les champs de bataille de l’Artois et de Verdun jusqu’à refuser en mai 1916 le combat. Le lecteur le retrouvera déserteur dans une clandestinité riche en péripéties et en rebondissements jusqu’au Proche Orient, sa terre d’exil.

Chronique familiale ? Histoire d’amour ? Roman historique ? Récit d’espionnage ? Thriller ? Fresque du Proche Orient ottoman ?

L’aviatrice est tout cela à la fois. L’auteur croise et conjugue les genres sur fond de guerre. Et dans cette période de 1914 à 1919, on ne sait ce que l’on apprécie le plus : le récit des évènements politiques, les personnages historiques, les tribulations du héros ou l’intrigue amoureuse qui de bout en bout tient le lecteur en haleine.

L’incorporation d’éléments historiques par nature non romanesques à de grands récits captivants par l’expérience existentielle et la pensée métaphysique fait de L’aviatrice un roman global mais aussi polyphonique par le nombre convergeant de personnages.

« J’ai eu trente-deux ans il y a exactement un mois. Ma femme est morte depuis 24 heures et à chaque respiration, mon sang passant dans les poumons se charge de sa mort qu’il emmène dans tout mon corps. J’ai mal. Je n’ai ni cœur ni estomac, j’ai du mal. Partout.
On m’a téléphoné hier soir, il fallait que je vienne à l’hôpital tout de suite. J’ai enfilé son manteau à l’enfant, comme sur un mannequin. Mais les boutons de bois avaient grossi en quelques secondes et je ne pouvais plus les passer dans les boutonnières. Pourtant je m’appliquais, je faisais ça bien doucement.
Le téléphone a sonné de nouveau, c’était le médecin, il m’a dit, « je suis désolé » alors j’ai posé la question pour que quelque chose vienne de l’horreur.
Il souffla.
« On l’a perdue. »

Le Cracheur de Feu
Marie-Agnès Azuélos

« C’était un jour de l’été dernier, nous roulions pour Goualade, elle m’a parlé des résultats des analyses. Je l’écoutais, sans cesser de fixer la route, elle parlait de couple et d’orphelin, du tronc noir des pins magiques, aujourd’hui encore, je sais que je n’ai pas compris. Je tremblais un peu et je disais, on va se battre, elle répondait que toutes les chances étaient de son côté. »

Cherchant à donner un sens à la mort de sa femme, le narrateur entame un long monologue qui se déploie entre Seine et Garonne, en un même fleuve tourmenté de remous sans fin. Le deuil et la souffrance résumés dans ce livre mèneront le héros, devenu cracheur de feu, à la renaissance.

« Deux mini hauts parleurs diffusaient en guise de musique d’ambiance l’hypnotique « Where did our love go » de Soft Cell.

Une chaise, un guéridon avec une coupelle contenant quelques préservatifs et un porte manteau se trouvaient à l’angle de la pièce, au pied du lit. Au fond, dans la pénombre, une petite douche italienne, un lavabo et des toilettes permettaient aux amants de circonstance de se purifier, avant et après leurs occultes ébats. La pièce ne disposait d’aucune fenêtre. Rien qui puisse rappeler l’existence des scooters, des pigeons ou des piétons de la rue. De jour comme de nuit, tout ici était figé en un étrange présent. Quelques mètres carrés de liberté absolue. »

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

« Un mouvement du bateau la fit chanceler et son bras toucha celui de Jack. Reprenant sa contemplation de l’océan, elle n’osait plus bouger. Le contact de Jack sur son bras semblait lui enflammer la peau. Sa respiration se faisait haletante. Pourtant Jack ne bougea pas, il ne retira pas son bras pour éviter le contact. Finalement, au bout de longues minutes, durant lesquelles elle crut défaillir cent fois, il se retourna et lui fit face. La lueur étrange dans ses yeux l’étourdit et l’effraya tout en même temps. Elle crut l’espace d’une seconde qu’il allait l’embrasser. Mais elle se souvint alors qu’elle n’était que le mousse. Finalement, lui tournant le dos brusquement, il s’éloigna en jurant. »

Le Médaillon d'Émeraude
Anne-Sophie Le Bris

Avril 1650, Emma doit fuir Bordeaux. Déguisée en mousse, elle embarque pour les Indes Occidentales afin d’échapper à une mort certaine et pour avoir une chance de rejoindre Londres.

Parviendra-t-elle à dissimuler sa véritable identité, malgré les sentiments qu’elle éprouve pour le Capitaine Spencer…