DIAPORAMA Les libraires ont la parole...
Laurent Gratadour

Laurent Gratadour dirige la librairie LDEL et a répondu aux questions de l’équipe LEA pour nous faire découvrir son métier

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Le kiosque LEA a l’honneur dans la librairie LDEL

Bonjour,

Nous vous remercions de répondre à nos questions.

Pouvez-vous nous parler de votre librairie, de sa création et de votre parcours professionnel ?

Elle existe depuis 1996, librairie universitaire à la base, spécialisée en droit, gestion, économie et histoire. Depuis 2004 on a étendu l’offre à un rayon plus généraliste, littérature, BD, jeunesse, tourisme.
Mon parcours est assez atypique puisque j’ai un bac scientifique suivi d’une formation scientifique, puis j’ai fait une école de cinéma, 5 ans en tant qu’assistant réalisateur, monteur et enfin libraire depuis 25 ans dont 21 dans la librairie LDEL en tant que responsable de librairie.

Combien de livre gérez-vous ?

En gestion physique pure en fonction des saisons on est entre 5000 et 8000. En terme de référence c’est bien plus que ça puisqu’on fait de la commande client : on gère un fichier d’environ 700 000 référence.

Quelle place donnez-vous aux petits éditeurs ?

Cela dépend des rayons, il y en a sur lesquels nous ne pouvons pas trop jouer comme le droit, car ce sont les gros éditeurs qui ont un quasi-monopole. En histoire et littérature on fait vraiment ce que l’on veut et pour nous différencier de la grande distribution il est clair que l’on privilégie les choses atypiques dont souvent les petits éditeurs.

Comment jugez-vous votre relation avec LEA ?

Confraternel. C’est une relation de bonne aloie où tout le monde essaye que ce soit un jeu gagnant-gagnant.

Comment se porte aujourd’hui le marché de l’édition ? Vu par un œil de libraire ?

Tout dépend de la conception du métier de libraire, on ne peut pas se passer des grands éditeurs mais on ne peut leur donner qu’une portion congrue, et en étant un petit libraire on peut surseoir à la règle de l’office maîtrisé ou sauvage et travailler avec des niches préférentielles.

Qu’aimez-vous lire ? Et combien de livres lisez-vous pour votre métier ?

J’aime presque tout lire. En littérature je suis assez ouvert, j’aime découvrir des littératures étrangères, atypiques, poétiques, je suis vraiment très éclectique. C’est souvent une histoire de style car en littérature on a déjà tout écrit et tout dit donc il faut que le texte me touche.
Je dirais que, à l’année, je lis environ 150 ouvrages tout confondu.

Quel est le dernier coup de cœur littéraire que vous ayez eu ?

Mon dernier vrai coup de foudre s’appelle Imaginer la pluie de Santiago Parajes (Actes Sud). C’est un auteur ibérique.

Comment voyez-vous l’avenir de la littérature en France ?

Je me qualifierais de pessimiste-optimiste. Les métiers du livre sont en pleine mutation, qui a été très rapide il y a une dizaine d’années. Le monde que l’on a connu est mort il faut en être conscient mais je reste optimiste puisqu’on a déjà prédit au moins 6 fois l’extinction du livre papier mais il est toujours là et les tablettes numériques n’ont absolument pas remplacé la lecture papier. Donc finalement je suis relativement optimiste même si certains chiffres sont assez catastrophiques voire dramatiques quand on voit le nombre de disparitions de librairies depuis 6 ou 7 ans mais il y a des ventes qui se reportent sur d’autres canons différents donc je reste relativement optimiste.

Actuellement dans les médias ne trouvez-vous pas qu’il n’y a pas assez d’émission ? Qu’on ne parle pas assez de livre ? Ou trouvez-vous qu’on en parle trop ?

On n’en parle jamais « assez trop » ! Ma phrase n’est pas française mais l’idée est là : on n’en parle pas bien. Je tairai le nom des émissions qui m’insupportent, où le présentateur se met en valeur et coupe la parole à l’invité. La seule vraie émissions littéraire reste La Grande librairie mais oui c’est vraiment trop peu. D’un autre coté, les lecteurs n’ont pas forcément besoin de ses émissions car il y a aussi des supports presse, papier ou dématérialisés qui font bien leur travail. Je leur ferai un petit reproche, c’est de toujours parler des mêmes et de ne pas parler justement des petits éditeurs.

Que pensez-vous du Salon du Livre de Paris ?

Je n’en pense plus rien depuis 5 6 ans car, pour moi, professionnellement, cela n’a pas d’intérêt. C’était autrefois un moyen de découvrir des éditeurs avec peu de surface médiatique mais ça n’est plus le cas. Je n’en pense ni bien ni mal.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Beaucoup de lecteurs, tout simplement !

Librairie LDEL
362 ter, rue de Vaugirard
75015 Paris

par Léa

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