Les auteurs ont la parole...
Emily D’Oste

Nous avons eu l’honneur d’interviewer l’autrice de Trois jours pour tout recommencer !

Bonjour Emily !

Bonjour Clémentine, je suis heureuse d’avoir cet échange avec vous.

Quel est votre parcours ?

Mon parcours est d’abord un parcours de bibliothécaire. Pour mon parcours d’écriture, c’est à l’âge de 8 ans que j’ai commencé à écrire des histoires que j’illustrais avec des petits dessins d’enfant. À l’adolescence, et pendant des années, j’ai écrit de la poésie.
Bien plus tard, à la quarantaine, j’avais demandé à ma grand-mère, née en 1912 (période intéressante d’un point de vue historique et pour l’histoire de la femme), de me noter ses mémoires, plutôt que de toujours les raconter par oral. Quand elle est décédée en 2009, c’est là que j’ai décidé de reprendre toutes ces notes, de les compléter par des recherches dans les archives de l’État Civil, dans les papiers de famille et les photos, etc., et que j’ai réécrit ses mémoires. C’est mon premier « vrai livre ». Je suis allée le proposer non pas à un éditeur, je savais très bien que c’était une histoire de famille, mais à un imprimeur, et j’en ai fait imprimer une petite quantité pour la famille.
Et voilà comment j’ai attrapé le virus de l’écriture… Il me fallait désormais écrire pour être lue. J’avais depuis longtemps l’idée d’un script qui mélangeait histoire des femmes, amour, réalité, fantastique, développement personnel et histoire de France. C’était mon premier roman… j’y ai mis beaucoup de mes idées !
Après cinq ans de recherches historiques sur Paris au XVIIe siècle, je l’ai d’abord auto-publié en 2013, puis je l’ai retravaillé pour le proposer à Edilivre, en 2015. En 2016 j’ai écrit la suite, et il me reste un troisième opus à écrire.
Sur ma lancée, en 2017 j’ai écrit Trois jours pour tout recommencer, sur les mêmes thèmes de la femme, de l’histoire, des questions de vie. Qu’est-ce qu’on vit ? Est-ce que ce qu’on veut vivre, on peut l’atteindre ? Comment l’atteindre ? Mais aussi des questions de choix de vie, des questions personnelles, d’identité.
En 2018, je suis allée au Salon du livre de Paris. Là j’ai rencontré l’équipe des Éditions Abordables. J’ai posé des questions, j’ai été très chaleureusement reçue, donc ça m’a donné confiance. Parce qu’au bout d’un moment on perd confiance, on se dit « qu’est-ce que je vaux ? ». Il m’a encore fallu du temps pour peaufiner ce manuscrit, car j’avais l’impression qu’il ne serait jamais fini tellement j’avais envie de faire mieux, d’approfondir. Puis j’ai envoyé le manuscrit et j’ai reçu un mail de Bruno. J’ai signé début juillet 2018.

Comment s’est passée la publication de Trois jours pour tout recommencer ? Qu’avez-vous pensé du processus ?

On a un planning pour que les choses soient faites dans les temps. J’ai reçu les premières corrections, et j’ai travaillé selon les suggestions. Il y a eu cinq allers-retours. Ce que la correctrice a fait était parfait. Par exemple, elle avait vu pas mal de mots que j’utilisais à mauvais escient. Parce qu’en fait ces mots, je les voulais là parce qu’ils sonnaient bien à l’emplacement où je les mettais… sauf que quand on regardait vraiment la définition… ça ne correspondait pas totalement. Je trouve ça bien. Après, pour certaines propositions de la correctrice, si j’étais sûre de ma réponse, je pouvais dire « si, si, laissez ça ».

.

Comment vous est venue l’histoire de votre ouvrage ? Et quels en sont les thèmes ?

Déjà, c’est une histoire de femme. Alice, trentenaire, sa mère et sa grand-mère. Une histoire contemporaine de femmes.
Et l’idée que j’ai eu envie de transmettre, c’est qu’il faut faire de sa vie ce qu’on veut vraiment, ce qu’on a envie tout au fond de soi, qu’on cache souvent, parce que le quotidien nous mange notre énergie. J’ai voulu montrer que c’est ça le plus important, et qu’il faut aller le chercher, le sortir. Et, souvent, si on n’est pas remué par un secret de famille, un décès ou un événement particulier, on n’y arrive pas. Parfois, c’est un événement extérieur négatif qui joue le rôle de révélateur.
L’autre inspiration, c’est la Seconde Guerre mondiale, parce que je suis d’une génération où mes grands-parents l’ont vécue. Ma belle-mère avait 10 ans, elle vivait en Normandie et il y avait des Allemands qui campaient au bout de son champ ! Elle se souvient de tout.
Ma grand-mère dont j’ai parlé m’avait raconté beaucoup de choses de cette période également, et tout cela m’a donné envie de transmettre, sous forme romancée, ce que les gens ont pu vivre, penser, à cette époque. À force d’entendre des histoires, de fréquenter Bayeux où vit ma belle-famille, les plages du débarquement… j’ai eu l’idée d’associer les deux thèmes, parce que dans mes livres j’aime qu’il y ait une part d’histoire de France.
Donc les thèmes sont l’Histoire, la femme et le fait d’arriver malgré tout ce qui peut se passer à s’en sortir et à faire que notre vie mérite d’être vécue.

Est-ce que vous mettriez plutôt en avant le côté historique ou psychologique de votre livre ?

Psychologique. Avec une trame de développement personnel. Mais j’aime l’histoire ! Et en Normandie, le livre est classé dans les livres régionaux. Il a plusieurs casquettes !

Combien de temps avez-vous mis à écrire votre ouvrage ?

Il y a d’abord eu une période « recherches historiques ». Car tout est exact ! Ma belle-mère m’a dit que tout était juste, et j’ai aussi eu l’approbation de gens qui ont vécu à cette période.
L’écriture en soi a duré une bonne année. Pour que tout soit écrit. Après il faut le temps de corriger, ce qui mène à environ 2 ans en tout.

Quel est votre modus operandi ? Comment avez-vous fonctionné ?

Déjà, j’ai un sujet dont je veux parler. J’ai un stylo et des feuilles plein mon sac, parce que, où que je sois, dans le métro ou n’importe où, dès que j’ai une idée, je la note. Une fois que j’ai un certain nombre d’idées pour corroborer le sujet, je fais un plan. Et il faut que ce plan soit le plus complet possible. Toute la journée je vis dans mon histoire, avec les personnages, et je m’ouvre à tous les possibles… Je note tout. En parallèle du plan, il y a les recherches historiques. Il faut que tout s’imbrique.
Une fois que le plan est fait, je l’étoffe, et après seulement je passe à l’écriture. Mais une fois que je commence à écrire, je continue d’étoffer ce plan parce qu’il y a souvent d’autres idées qui me viennent !
J’écris mes idées et mon plan n’importe quand, parce que je note au fur et à mesure que ça me vient. Par contre, après, j’écris pratiquement tous les soirs (pas de télé !) et les weekends parfois entre 6 heures et 8 heures par jour.

Est-ce que, si un jour vous n’avez pas envie d’écrire, vous vous forcez à vous y mettre ?

Non. Mais si je ne travaillais pas, c’est certain que, comme lorsque je suis en weekend et en vacances, j’aurais des horaires d’écriture quotidiens. À chaque fois que j’ai entendu un auteur en parler, il avait cette discipline.
À mon niveau, j’ai des plages horaires prévues pour l’écriture, mais il faut que je me sente bien pour avoir l’inspiration. Sinon, ça ne fonctionne pas. Il faut que j’aie l’esprit libre de quitter mon quotidien pour me plonger dans mon univers.

.

Quelle est la part d’autobiographie dans votre ouvrage ?

Aucune ! Mais on me dit qu’on me reconnait, alors ça m’inquiète ! (rires) Plus sérieusement, on me reconnait par les idées que je véhicule. Donc ce n’est pas autobiographique parce que rien de ce qui se passe ne m’est arrivé, par contre, pour le personnage d’Alice, je me suis servie de ce que j’ai vu, lu, entendu autour de moi, les phénomènes de société, pour savoir que des femmes sont maltraitées psychologiquement. Pour savoir que malheureusement ça arrive que le mari coupe sa femme de sa famille, sans qu’elle ne s’en aperçoive vraiment. Qu’il faut parfois des révélateurs pour faire comprendre à cette femme ce qu’elle endure.
Sur la Seconde Guerre, ce sont des choses qu’on m’a racontées, que j’ai cherchées après dans des documents. Mais tout ce qui arrive – l’intrigue en somme – est absolument imaginé. Il n’y a rien qui soit arrivé à ma famille. Par contre, ce qui s’est passé pendant la guerre et le contexte sont réels.

Comment avez-vous eu l’idée de commencer chaque chapitre par une comparaison comme cela ?

Je suis contente de cette idée, parce que mes lecteurs trouvent ça formidable ! En fait, au premier chapitre, j’avais commencé à faire une comparaison parce qu’il y avait eu un bain de sang, avec ces attentats. C’est de l’angoisse… On se fait un « sang d’encre »… D’où le titre du chapitre. J’ai aussi eu envie d’écrire « Sang d’encre » parce qu’on se fait de la bile, et que la bile c’est noir. Du coup, je me suis dit que j’allais continuer, parce qu’ensuite Alice est dans le train, elle a des idées noires… Eh bien, du coup, j’ai écrit « Noir ».
J’ai eu l’idée d’un tableau, d’une scénette pour chaque chapitre. Comme si c’était une pièce de théâtre. D’ailleurs on m’a dit qu’on verrait bien mon livre au théâtre ou en film. Parce qu’il est très visuel. Donc oui, j’avais envie d’une fenêtre, comme un tableau !
Je viens de réaliser que j’ai utilisé le mot « tableau » et que la couverture est un tableau... C’est un choix inconscient ! Mais révélateur.

Au niveau de la réception maintenant, est-ce que vous avez déjà eu des critiques surprenantes ou marquantes ?

J’ai noté qu’une majorité aurait aimé qu’il y ait plus de pages, que je développe encore davantage. Pour le journal intime, les lecteurs ont tous adoré, plongés au cœur de l’époque comme s’ils y étaient. Mais ils auraient aimé en savoir plus sur Lucas, et comprendre pourquoi ils en sont arrivés là avec Alice. Donc je me sers de toutes les remarques pour les prochains livres !
C’est intéressant de voir également qu’une moitié de lecteurs ne m’a pas parlé de psychologie, mais plutôt d’histoire, de l’intrigue, que l’autre moitié seulement m’a parlé de la psychologie, des références que j’ai insérées, philosophiques et psychologiques, sur l’intériorisation, etc. Mais du coup ça prouve que j’ai nourri tout le monde ! (rires)

Est-ce que vous avez plutôt adressé votre ouvrage à une femme, un homme, ou aux deux ?

Aux deux. Mais on m’a dit que j’avais une écriture pour les femmes, que c’était ciblé. Et c’est vrai que quand j’écris, je me dis un peu « attention, vous qui êtes une femme »…

Quels sont vos futurs projets ?

J’ai en effet un projet ! Un autre roman, qui parlera également des femmes. En fait, j’aime le fait d’avoir une ligne directrice entre mes différents romans, une idée conductrice. Moi, c’est la femme, la question du choix de vie et une partie d’histoire. Je suis en train de faire le plan, et je vais bientôt pouvoir passer à l’écriture.

Est-ce que ce n’est pas compliqué de faire la promotion d’un ouvrage pendant qu’on en écrit un autre ?

C’est ce que je me suis dit dans le métro en arrivant, parce que je suis à fond dans le plan du prochain. Mais en fait, j’arrive ici, devant vous, vous me mettez Trois jours pour tout recommencer dans les mains, vous me posez des questions, et c’est bon je suis dedans. Donc non !

Est-ce qu’il a été difficile d’abandonner les personnages que vous aviez développés dans Trois jours pour tout recommencer ?

Oui, ils nous tiennent ! On écrit un soir, et puis le lendemain quand on regarde ce qu’on a écrit la veille, on comprend autre chose, et on s’aperçoit que depuis qu’on a lâché le personnage, il a vécu par lui-même, et qu’on ne peut pas le faire évoluer comme ça. Il a une autonomie, il a sa vie propre, je suis obligée de faire ce qu’il veut. Les personnages nous guident. Donc, oui, après c’est difficile de les lâcher. Et pour les lecteurs aussi ! Tous me disent « Y’a une suite, hein ? ». Mais non, il n’y en a pas.

.

Est-ce que vous avez des inspirations littéraires qui vous ont guidée ?

Oui. Ce que j’aime, c’est un style direct, court, moderne. J’aime le style d’Anna Gavalda, les histoires de Bernard Werber ou encore celles d’Amélie Nothomb. Ainsi qu’Adrien Goetz, qui allie l’intrigue à l’histoire de l’art… Et j’aime aussi les livres feel good. Ce n’est pas forcément que je veuille en faire, mais ce que j’aime c’est une lecture qui donne la lumière au bout du chemin. C’est du développement personnel : savoir se servir du négatif pour le transformer et en faire quelque chose qui nous serve. Les lectrices m’ont dit que mon roman était un livre qui faisait du bien, qui montrait qu’on pouvait s’en sortir. J’en suis heureuse.
C’est ma psychologie à moi de développement personnel, que de toujours essayer de trouver la meilleure façon de vivre chaque moment présent de notre vie. Être en adéquation avec notre moi profond. Souvent on se dit qu’on vit bien, mais quand survient un problème, on cherche, on cherche. D’où cela vient-il ? Et, en fait, ça peut être parce qu’on ne vit pas ce qu’on veut vivre réellement. Alors, je sais que ce n’est pas si simple, mais pour moi, on est notre propre directeur. On a tout pour être heureux, on est là pour ça, pour aller vers le bonheur et le donner aux autres, mais on a perdu le mode d’emploi. Et on fait tout, souvent, à l’inverse. Donc j’essaye de mettre dans mes livres un peu de cette valeur de « allez, bouge-toi, tu as le pouvoir de faire changer les choses ! ». Bien sûr, c’est facile à dire, en réalité c’est beaucoup plus complexe. Mais c’est mon fil d’écriture.
.
Alors voilà, j’espère avoir la possibilité d’écrire encore beaucoup dans le but :
1- De me faire du bien !
2- D’en faire aux lecteurs…

Trois jours pour tout recommencer
Émily d’Oste

Alice, trentenaire parisienne, est harcelée par un mari possessif et manipulateur. Mais tout bascule lorsqu'elle part au chevet de sa grand-mère.

Là, elle passe les trois jours les plus décisifs qu'elle ait jamais vécus. La découverte d'un secret de famille la plonge au cœur de la seconde Guerre Mondiale.

Le choc des révélations la pousse à remettre sa vie en question et lui donne la force de repartir à zéro.

par Clémentine

commentaires

  • Bravo Emily, ce 3e roman confirme un style personnel dynamique et fluide qui nous emporte dans 2 époques différentes avec Alice, jeune femme déterminée à se découvrir. Le travail de recherche historique est quant à lui impressionnant ! Talentueuse et prometteuse autrice.

    rédigé le 28 juin à 22:16 par Valérie

    Répondre à ce message

  • Livre magnifique, je l ai lu d une traite. Impossible de le lâcher. Le génie de l auteure est la fluidité, la profondeur et la connaissance du genre humain qui permet à tout un chacun de se reconnaître dans le sujet. J attends le prochain avec impatience.

    rédigé le 25 juin à 11:02 par Isa

    Répondre à ce message

  • - Trois jours pour tout recommencer.
    - Trois heures pour lire le livre.
    - Trois minutes pour être envoutée.
    L’histoire de ces femmes m’a donné envie de redécouvrir la Normandie et me replonger dans ces heures sombres de notre histoire.
    Une écriture sûre, souple et délicate. Un chemin de vie qui nous emporte.
    Après les 2 premiers ouvrages d’Emily, j’attendais avec envie le 3 ème opus. Il m’a comblée.
    Merci Emily et à bientôt pour une prochaine étape dans ma vie de lectrice et ta vie d’auteure 😄

    rédigé le 25 juin à 10:30 par Catherine

    Répondre à ce message

  • J’aime cette auteure qui sait si bien écrire les sentiments, les tourments et les bonheurs. Ce roman m’a beaucoup plu par sa dynamique, le travail psychologique d’Alice le personnage principal, et j’ai été très émue par certains passages captivants et profondément humains.
    Je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé !

    rédigé le 25 juin à 10:20 par Josette

    Répondre à ce message

  • J’adore ! Tout... le roman, que j’ai dévoré, impossible de le lâcher... jusqu’à repousser l’heure du coucher, tard ! Et maintenant, l’auteure, après avoir lu cet interview. Quand sortez-vous votre prochain roman, Emily ?

    rédigé le 22 juin à 18:41 par Ludivine

    Répondre à ce message

  • Cette auteure est une belle découverte. Ce roman est très émouvant, il m’a remué... bravo !
    C’est le premier interview d’Emily d’Oste que je lis, et franchement j’aime sa vision des choses. Cela me donne encore plus envie de continuer à la suivre.

    rédigé le 22 juin à 16:59 par Elsa

    Répondre à ce message

  • Emily d’oste m’a conquise !
    D’abord par ses romans... j’aime beaucoup son style, sa façon de raconter l’histoire, et aussi tout ce qu’elle y met de pensée positive, d’élan vers une vie meilleure... Puis ici, dans cette interview, où j’apprends à la connaître. Et je suis ravie que cette interview confirme ce que je pensais d’elle.
    Merci.

    rédigé le 22 juin à 10:57 par Lola

    Répondre à ce message

  • "3 jours pour tout recommencer" se lit d’une traite. Roman agréable, fluide, il nous plonge dans 2 univers temporels distincts qui se nourrissent l’un l’autre et l’héroïne qui y navigue nous emmène avec elle, avec délice !

    rédigé le 22 juin à 09:25 par Camille

    Répondre à ce message

  • Un roman de femmes qui se lit facilement et avec plaisir.
    Les personnages sont attachants et on suit avec intérêt la jeune femme, Alice, dans sa recherche de liberté et de connaissance d’elle-même et de ses origines. Paris sous l’Occupation est bien documenté et les événements dramatiques nous émeuvent. Bravo pour cette écriture et cette histoire !

    rédigé le 20 juin à 10:13 par Birgitta Björklund

    Répondre à ce message

  • Magnifique roman d’Emily d’Aoste qui retrace le parcours d’une jeune femme à travers sa
    propre histoire et le journal de sa grand mère. En reliant les combats de ces générations de femmes , elle rappelle la résilience des femmes, leur perpétuelle lutte contre les préjugés et
    le sexisme dont elles font l’objet. A lire !

    rédigé le 19 juin à 22:58 par Morin Sophie

    Répondre à ce message

commenter cet article

[Connexion]