DIAPORAMA Les auteurs ont la parole...
Anne-Sophie Le Bris

Le deuxième tome de la saga Le Médaillon d’Emeraude est sorti cette semaine, rencontre avec son auteur, Anne-Sophie Le Bris.

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Le Médaillon d'Émeraude ** - La Chambre Écarlate
Anne-Sophie Le Bris

Printemps 1660, Emma, dévastée par un drame récent, quitte le Médoc pour rejoindre Londres, alors que Charles II s’apprête à rentrer en Angleterre pour y restaurer la monarchie.

C’est finalement à Hertfordhall, le domaine familial de Jack, qu’Emma trouve refuge.

Parviendra-t-elle à se reconstruire et à lever le voile sur les terribles secrets du vieux manoir abandonné ?

Bonjour Anne-Sophie,

C’est aujourd’hui le lancement de votre deuxième livre, comment vous sentez-vous ?

Toujours très émue. Je pense avoir moins de stress que pour le premier, c’est que du bonheur !

Comment l’idée du Médaillon d’Emeraude vous est-elle venue ?

Elle m’est tombée dessus, on va dire. J’étais habitée par des images, je voyais un film tourner en boucle, en permanence, jusqu’au moment où je me suis dit que, pour sortir ces images de ma tête, j’allais écrire cette histoire, pour qu’elle cesse de me hanter. Et finalement, j’ai écrit quelques scènes, et d’autres se sont ajoutées, et en trois mois j’avais bâti une histoire… Mais cela se passait en 1650, et il a bien fallu que je travaille sur la documentation historique pour ne pas raconter de bêtise !

Vos personnages ont-ils existé ou sont-ils de la pure fiction ?

C’est de la fiction pour les héros mais, par exemple, pour le nom de famille de Jack et son titre surtout, j’ai regardé ce qui existait déjà à l’époque : le marquis d’Hertford a existé (même si j’en ai fait un comte !), et je reprends certaines de ses caractéristiques dans l’histoire.

Vous êtes-vous fondée sur des éléments historiques ou fictifs pour façonner vos personnages ?

Mes héros sont totalement inventés. Ils se sont imposés, avec leur prénom, leurs caractéristiques physiques, leur passé… Et encore aujourd’hui quand j’écris et qu’un personnage entre en scène, c’est tout juste s’il ne présente pas à moi. J’ai l’impression que c’est eux qui me dictent ce qu’ils sont. Tous les personnages, principaux ou secondaires, arrivent avec leur nom.

Lequel des deux livres a été le plus dur à écrire ?

C’est totalement différent, dans la mesure où, quand j’ai écrit Le Médaillon d’Emeraude, je le faisais pour moi. J’ai mis trois ans et demi à l’écrire, je n’avais pas de date butoir car je ne pensais pas être publiée. J’ai tout de même écrit pendant deux ans sans même le dire à mon mari ! Et ma maman ne l’a su que quand j’ai signé mon contrat d’édition. J’ai pris beaucoup de temps car je n’avais pas d’échéance, donc c’était assez difficile d’écrire cette histoire car je ne savais pas où j’allais, je ne savais pas si elle allait aboutir et véritablement exister, car, quand le livre existe, j’ai l’impression que l’histoire existe aussi réellement. En revanche, quand j’ai signé le contrat d’édition, je ne voulais pas me détacher du médaillon. Je me suis documentée sur le contexte historique pour écrire la suite. J’avais donc le point de départ et le contexte historique, mais, comment faire pour rendre le deuxième tome aussi intéressant que le premier, rempli d’intrigues ? Je n’étais pas tout le temps en train d’écrire, plutôt en train de penser à mon histoire, et un soir, en me couchant, j’ai trouvé mon intrigue. J’ai travaillé en partant de cette intuition et la suite m’est venue facilement.

Les livres sont tout de même assez différents, entre aventure et mystère… Etiez-vous dans un certain état d’esprit ?

Oui, le premier est une histoire d’amour, de passion qui vous fait vibrer au moindre regard. Il faut donc faire vivre cela à travers des aventures. La solution de facilité aurait été de changer de période, de personnages et d’écrire une nouvelle histoire d’amour à la manière de Barbara Cartland ou d’Harlequin. L’histoire reste toujours assez similaire, mais enrobée différemment. Je n’avais pas forcément envie de cela et je me suis attachée à mes personnages qui, depuis 2012, ont autant évolué que moi.

Des thèmes restent pourtant bien présents : la liberté et l’émancipation de la femme. Est-ce un aspect majeur de votre écriture ?

Oui, Emma est une héroïne moderne, et je pense que si elle n’avait pas été moderne, elle n’aurait pas évolué comme elle l’a fait. Elle a eu une éducation assez libre, et elle a son caractère aussi. C’est plutôt d’actualité, le mystère qu’elle découvre… Les siècles passent mais c’est toujours le même problème. C’est un sujet qui me tient à cœur ; la soumission et tous ses travers sont très problématiques.

Est-ce pour cela que, dans Le Médaillon d’Emeraude, l’histoire se passe dans un lieu à part, sur un bateau ?

Le contexte et le lieu de l’histoire sont venus à moi. La Chambre écarlate est peut-être plus orienté, j’ai peut-être moins subi que dans le premier tome. On m’a fait remarquer que le deuxième tome était plus historique, mais je ne pense pas. J’ai étudié tout ce qui se passe sur un bateau, j’ai lu des ouvrages consacrés à la vie quotidienne des marins de l’époque et chaque scène est tirée d’une documentation et c’est donc très historique, mais peut-être que, sous couvert d’aventure, ceci semble moins théorique !

Lorsqu’elle se travestit en mousse, Emma se fait appeler Tom Sauveur, un nom très évocateur. Comment cela est-il venu ?

C’est également venu tout seul, même si cela fait un peu Tom Sawyer. Dans l’histoire, Emma a lancé ce nom sans y penser, et moi aussi, je l’ai trouvé sans y penser.

Avez-vous aimé la phase de documentation ?

J’ai aimé car je ne me voyais pas écrire quelque chose sans vérifier toutes les informations, aussi minimes soient-elles. Je me suis documentée, et cela ne se ressent pas forcément à la lecture, mais, moi, je sais que dans certaines phrases, un point précis a dû être contrôlé ! En revanche, il est vrai que réétudier la révolution en Angleterre au jour le jour a été très fastidieux, mais j’avais besoin de m’assurer de mes propos.

Quel est le retour que vous avez du premier tome du Médaillon d’Emeraude ?

Je dois avouer que je n’ai eu que des retours positifs : l’histoire se lit bien, on rentre dedans, on veut savoir la suite, c’est rafraîchissant, on s’évade, on se réconcilie avec l’histoire et le genre historique car ça change des thrillers et autres romans...

Et vos proches, comment vivent-ils votre nouvelle activité ?

Mon mari est fier de moi, car je continue mon activité professionnelle, mes enfants n’ont pas de réel jugement, mais ils verront quand ils toucheront les royalties !

Quelle relation entretenez-vous avec Les Editions Abordables ?

Ça se passe très très bien, mon éditeur me fait découvrir un nouveau monde dans lequel je me sens très bien. Je rencontre des gens formidables, et nous parlons de choses formidables !

Qui a travaillé sur la couverture ? Vous ou l’éditeur ?

C’est moi ! J’avais fait la couverture du premier, et comme c’était une suite, je voulais garder le travail au pastel. Quand on lit le livre, on découvre pourquoi ce tableau est utilisé comme couverture.
Pourquoi La Chambre écarlate ? Je voulais un titre qui fasse écho au Médaillon d’Emeraude avec un titre assez long et la notion de couleur, en trois mots. Au fur et à mesure de la lecture, on peut comprendre le titre, la compréhension se fait en trois points différents. Le titre s’est imposé.

Il y aura-t-il un troisième tome ?

J’ai déjà envie d’écrire une suite : j’ai une idée de titre, j’ai la période historique. Comme pour le deuxième tome, qui se passe près de dix ans après le premier, j’aimerais, pour le troisième tome, écrire cinq ans après. Mais j’ai besoin de laisser maturer, mûrir, vieillir cette petite famille, pour savoir ce que je vais pouvoir raconter de personnel sur elle. On retombera dans l’aventure, car le contexte historique s’y prête beaucoup. Et si je me lance de nouveau dans un secret caché, on va penser que je n’ai plus d’imagination ! Je pense qu’il y aura des intrigues, pour savoir qui veut la peau de qui, qui va où… J’ai bien prévu de me remettre à la documentation cet été. Je veux évoquer les années 1665-1666, mais il faut que je sache ce qu’il s’est passé dès juillet 1660. J’ai déjà une source, le Journal de Samuel Pepys, un contemporain de l’époque qui travaillait au ministère de la marine – ce qui est très intéressant pour Jack qui reste marin avant tout – et qui évoque son quotidien. Samuel Pepys y parle de ses tracas personnels, mais, par ses fonctions, il fait référence à des événements historiques qui sont vus sous l’angle affectif, contrairement à certains documents que je peux trouver, plus théoriques.
Dans La Chambre écarlate, je me suis inspirée du voyage de Claude Perrault (le frère du poète Charles Perrault) qui a fait le trajet Bordeau-Paris en 1669, et j’ai donc pu reprendre des noms d’auberges, des repas, des fêtes qui ont réellement existé. On ne va pas leur faire manger des lasagnes !

Outre la suite du Médaillon d’Emeraude, avez-vous d’autres livres en perspective ?

J’ai des idées, je fais des expériences, mais c’est parfois trop personnel, parfois pas abouti. Il y a certaines choses personnelles dans l’histoire d’Emma, surtout concernant les enfants, mais cela reste un roman. Quand on évoque quelque chose de plus contemporain, c’est assez pénible. Je travaille à l’impulsion, peut-être qu’en 2020, on aura le troisième tome de cette saga !

Nous vous souhaitons une bonne promotion, et que La Chambre écarlate ait autant, voire plus, de succès que Le Médaillon d’Emeraude !

Le Médaillon d'Émeraude
Anne-Sophie Le Bris

Avril 1650, Emma doit fuir Bordeaux. Déguisée en mousse, elle embarque pour les Indes Occidentales afin d’échapper à une mort certaine et pour avoir une chance de rejoindre Londres.

Parviendra-t-elle à dissimuler sa véritable identité, malgré les sentiments qu’elle éprouve pour le Capitaine Spencer…

par Léa
Personnage emblématique des éditions, je donne l'actualité de la maison !

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