Le Goût des Livres du 14 janvier 2019

Nous avons l’honneur de recevoir Astrid de Laage qui nous présente son premier roman Le ciel bleu n’est pas photogénique.

La première soirée "Le Goût des livres" de l’année 2019 débute en musique avec notre clip corporate, puis notre vidéo "Le fil de LEA" qui regroupe tous les ouvrages publiés depuis la création de notre maison !

Bruno Géni-Ochin, notre maître de cérémonie, en profite pour rappeler la présence dans nos salons, de l’exposition de notre auteur Yannick Girouard.
Puis, avant de la recevoir à ses côtés, il nous lit le portrait d’Astrid de Laage, qu’il a lui-même composé pour l’occasion :

"Née à Chamonix, Diplômée de Sciences Politiques et de Lettres modernes, l’auteure que nous recevons a travaillé chez Larousse avant de s’engager dans la conduite d’ateliers d’écriture. Elle a participé à la création de deux associations consacrées à l’écriture à Lille (Le jardin d’hiver) et à Bruxelles (Le Coin Bleu), avant de rejoindre Aleph-écriture à Paris.
Elle anime des ateliers à distance, des stages et enseigne les rouages qui transforment une idée en texte littéraire.
Comme dans ses nouvelles, Funambules, publiées en 2012, elle avance sur le fil de l’intériorité et décrit avec délicatesse les tourments de ses personnages.
Son premier roman, Le ciel bleu n’est pas photogénique, nous parle de l’amour et du désir, de la difficulté de trouver sa place dans un monde qui se transforme. Un voyage introspectif et inquiétant sur l’amitié et l’ambivalence des sentiments. À vous de découvrir l’univers de cette auteure, charismatique et vraie."

Astrid de Laage prend place aux côtés de Bruno, sous les applaudissements chaleureux du public, venu nombreux pour elle. L’interview peut commencer :

A la question "Quel sentiment avez-vous eu quand vous avez eu en mains votre premier livre ?", Astrid semble émue, cet ouvrage est une fierté pour elle mais pas un aboutissement. Ce n’est que le début d’une aventure qu’elle a surtout hâte de partager avec ses futurs lecteurs. Elle cite Umberto Eco "C’est le lecteur qui donne le sens au livre. Comme à un enfant, il faut faire confiance à l’ouvrage"

Puis, elle revient sur sa collaboration avec LEA : "Au mois de juin je suis venue chez LEA. Un autre éditeur était intéressé par mon livre mais ici je me suis sentie bien. Je suis tombée par hasard sur un exemplaire de Pour un peuple d’oiseaux de Sarah Oling et en le voyant je me suis dit "C’est ici !"
"Par la suite, le travail effectué avec la correctrice fut très pointu et professionnel, mon texte prenait forme. J’aime la relation qu’on a eu tout au long du cheminement de l’édition de mon livre."

Bruno poursuit : "Le titre est-il de votre création ?" L’auteure échange un regard complice avec notre éditeur : "Ce titre est le fruit d’une longue aventure, nous n’étions pas d’accord ! Mais pendant l’écriture je me suis plongée dans Comment Woody Alen peut changer votre vie de Eric Vartzbed et cela m’a inspiré.

Enfin, à la question "Pour vous quel est le personnage principal de votre ouvrage ?", Astrid répond qu’il n’y en a pas vraiment : "J’ai eu envie de donner sa voix à un ensemble de personnages, une polyphonie. Une manière de rentre compte aussi du silence qui circule parfois entre les êtres, ce qui n’est pas dit. Chaque personnage porte son secret et je laisserai le lecteur découvrir lequel d’entre eux en ressortira."

Une lecture de l’auteure d’un extrait de son roman viendra clore cet interview tout en douceur :

Olga coupait les oignons en tranches en regardant la mer, les hommes, elle se disait, on ne sait pas ce qu’ils pensent, ils parlent en se taisant. Les hommes ! Elle égrainait les poncifs, était-ce à cause de la chaleur ? N’empêche, si on pouvait savoir, elle comprendrait si le regard de Luc cachait quelque chose quand il parlait à Kate. Une brume s’élevait au dessus de la côte continentale, si loin qu’on avait vraiment l’impression d’être à l’autre bout du monde, sauf quand on sortait sur le port où se concentraient les touristes. Certes il y avait quelque chose d’un peu surfait dans ce village de pêcheurs reconstruit de toutes pièces sur celui d’origine, avec ses cabanons blancs, mais elle se sentait bien ici. La journée serait chaude et sèche, mais en penchant la tête, elle aperçut de longs fils laiteux dans le ciel qui annonçaient le mauvais temps.

Sur une île, chaque jour est différent si l’on sait observer les signes et interpréter les changements infimes du ciel, de l’eau et du vent. Elle aimait la beauté, se lever tôt le matin pour voir la mer changer de couleur et de texture, pour écouter ses pulsations. Qui lui avait dit que tout ce bleu était envahissant, que ça vous oppressait l’hiver ? Il fallait apprendre à savourer chaque minute. Et ne pas se poser trop de questions, comme Phoebe, son amie anglaise, qu’une sorte de glacis semblait protéger de la violence des sentiments. Avec Phoebe, elle avait toujours l’impression d’être jugée, elle et ses besoins vitaux, manger, nager, faire l’amour.Vivre en un mot.Vivre. Elle prenait plaisir à cuisiner, alors que Phoebe trouvait cela trivial, la cuisine. Ce n’était pas assez intellectuel pour elle. Olga pouvait passer des heures à élaborer des plats, à condition que Luc ne vienne pas tourner autour des casseroles. Son père à elle n’aurait pas pris le risque d’y mettre les pieds. Il rentrait du bureau et demandait : c’est prêt ? Les temps avaient changé, les hommes aussi et faudrait-il qu’elle ait honte d’aimer faire la cuisine ? Elle se demandait parfois si c’était une bonne idée, la guerre des sexes. En Espagne, ils n’avaient pas de théoriciennes féministes, comme en France ou en Angleterre. Olga se demandait si cela les empêchait de faire carrière à Madrid.

Ce soir c’est avec un exemplaire de "La vigne et le vin" que repartira, ravi, le gagnant de notre traditionnel tirage au sport.

La soirée se poursuivra avec la séance de dédicaces de notre auteure autour d’un cocktail sous le signe du partage et de l’humilité qui caractérise notre maison.

Le ciel bleu n'est pas photogénique
Astrid de Laage

Un groupe d’amis se retrouve sur une île en Méditerranée au mois d’août. Les non-dits et les secrets refont surface, jusqu’à la catastrophe qui fait voler en éclat leur existence.

Le ciel bleu n’est pas photogénique, un roman choral sur ces instants où tout bascule dans nos vies.

Pour un peuple d'oiseaux
Sarah Oling

Quand le maestro Yann Holdman, vieil homme poursuivi par de puissants fantômes mémoriels, joue une partition mélodieuse, il ne parle plus qu’aux oiseaux.

Pour un peuple d’oiseaux est un roman qui va vous transporter dans les airs doux et harmonieux, car les miracles et les temps de grâce protègent les rêveurs et les utopistes.

La Vigne et et le Vin
Francisque Chaverondier

Dans cet ouvrage, l’auteur a pour but l’amélioration des vins par un judicieux choix des cépages et par une vinification raisonnée et la culture économique de la vigne par la substitution de la charrue à la pioche, du fil de fer aux échalas et du sécateur à la serpe. Chaverondier prône la nécessité d’améliorer le vin car au XIXe siècle plus de deux millions d’hectares étaient réservés aux cépages grossiers alors que les cépages mi-fins et occupaient à peine trois cent mille hectares.

Ouvrage orné de 38 gravures.

par Julia

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