Le Goût des Livres du 11 avril 2019

Hier soir nous avons eu l’honneur de recevoir Alain SCERGE pour son ouvrage Monsieur Alexandre, ainsi que Serge GOUSSOT, venu présenter son livre : La dame de Bréhat.

M. Bruno Géni-Ochin souhaite la bienvenue aux invités venus nombreux ce soir pour le quatrième numéro de la saison 6 du "Goût des livres" :

"Mieux que des mots, voici notre clip corporate, puis "Le fil de LEA", notre vidéo dans laquelle défilent tous nos ouvrages."

Sous les applaudissements du public, notre maître de cérémonie précise que plusieurs de nos auteurs sont présents ce soir et les remercie pour leur soutien et leur engagement envers LEA. C’est avec une émotion toute particulière que nos pensées se tournent vers Catherine Laporte du Montel, autrice pour laquelle nous avons publié Le chat Moussik et son maître Nicolas et qui nous a quitté vendredi dernier.

C’est toujours très ému que Bruno souhaite un très bon anniversaire à notre ami Bernard Pisani, chorégraphe, metteur en scène, officier des Arts et Lettres mais aussi président du Prix littéraire LEA, repris par le public qui se met à chanter !

Il est à présent temps de recevoir notre premier auteur à l’honneur :

"De formation technique et aéronautique, il s’engage volontairement dans la marine nationale pour une durée de trois ans, affecté à une flottille de chasse embarquée sur un porte-avions. A la fin de son contrat, il est engagé par Alcatel pour des installations de centraux téléphoniques numériques internationaux au Maroc, au Bénin, en Irak et en Russie. Il poursuit son parcours en France et c’est en 2010 qu’il prend sa retraite et que l’écriture occupe son temps et le plaisir que cela lui procure l’entraîne sur ce premier roman, La dame de Bréhat, car ses origines sont là dans son esprit et cela l’inspire. Attachant, il aime raconter, partager ses écrits et surtout échanger avec d’autres auteurs pour enrichir le ressenti de ses écrits. Nous sommes ravis d’accueillir Serge Goussot !"

Sous les applaudissements des invités, Bruno commence l’interview : "Combien de temps a été nécessaire pour l’écriture de ce premier roman ?"
L’auteur répond sans hésitation : "Un an, c’est un roman de 400 pages et je pense que c’est le temps qu’il me fallait pour l’écrire puis l’aboutir."

Puis, en ce qui concerne l’histoire évoquée, comment est-elle venue à l’esprit de l’auteur ?
Serge Goussot nous avoue : "Je voulais raconter la Bretagne. Puis j’ai assimilé à cette histoire un commissaire, paternaliste, dur avec ses hommes mais qui sait rester humain !"

L’interview se poursuit avec la question de la dédicace, comment va-t-il vivre ce moment ?
L’auteur s’interroge : "Je ne sais pas ! De l’étonnement tout d’abord peut-être puis vogue la galère ! Nous verrons bien !"

Quant à sa collaboration avec LEA (nous aimons toujours connaître le ressenti des auteurs...), il se confie :
"J’ai rencontré Bruno Géni-Ochin lors du Salon des écrivains bretons et nous avons lié une forme d’amitié. Quant au duo auteur/éditeur, l’approche de LEA est humaniste, ils s’intéressent d’abord à la personne et ensuite le travail de réécriture et de correction se fait naturellement."

Enfin Bruno se permet de demander à l’auteur s’il compte proposer d’autres créations à LEA. Avec joie, il répond : "Oui ! J’ai écrit la suite, ce sera une trilogie !", avant d’entreprendre la lecture du résumé de son ouvrage qui en dit long sur cette intrigue complexe :

Alors que Serge Kernoa réalise un reportage photo sur l’île de Bréhat, il reconnait Maryse Letroquer, une amie perdue de vue depuis une dizaine d’années. Elle lui raconte sa relation avec un homme marié, père de deux enfants qui grandissent dans une riche famille. Débute alors un engrenage infernal : elle découvre que son amant est peut-être son frère, et en même temps qu’arrive le test ADN, elle tombe dans le coma après avoir été poignardée, pendant que la police trouve de la drogue enterrée dans son jardin. On charge le commissaire Brocard de résoudre cette enquête déroutante...

L’interview s’achève ainsi laissant place au traditionnel tirage au sort. Un invité repart ravi avec un exemplaire de notre Collection Émotion.

C’est au tour d’Alain Scerge de rejoindre Bruno Géni-Ochin sous les applaudissements de l’assemblée :

"Arrivé en région parisienne en 1967, il suit une scolarité scientifique, qui s’achève par l’obtention du diplôme de masseur-kinésithérapeute en 1984 au centre hospitalier Necker-Enfants malades ; il exerce depuis en libéral. D’abord Parisien, il élit domicile à Vincennes en 1995, puis à compter de 2017 partage son temps entre la région parisienne et les Deux-Sèvres. Il se passionne pour la lecture à l’adolescence, s’intéressant dans un premier temps à la littérature française classique et contemporaine. C’est le roman Une poignée de riz de Kamala Markandaya qui le propulse vers la littérature étrangère et lui ouvre les portes du monde à moindre frais. Réservé de nature, il fait sa première expérience de se livrer intimement par l’intermédiaire de la voix. Ne voulant pas regretter un jour de ne l’avoir jamais fait, il prend des cours de chant soliste à la Schola Cantorum de Paris qui finalement lui ouvrira les portes d’un chœur et lui permettra d’explorer de nombreuses œuvres au sein du pupitre des ténors. Il y a quelques années, la passion du livre, en tant qu’objet le pousse à faire de la reliure d’art, pour restaurer, redonner vie et embellir de beaux ouvrages tombés dans l’oubli dans de nombreuses bibliothèques. L’écriture est plus tardive, il puise l’inspiration dans les pages de ses voyages littéraires, mais aussi par l’intermédiaire de ses patients, au cours d’échanges ou d’une simple écoute attentive. Nous souhaitons la bienvenue à Alain Scerge !"

L’interview commence mais Bruno se doit de préciser que Monsieur Alexandre est une pure beauté : "Vous avez su traiter d’un sujet délicat sans pleurer et sans déranger et pour cela nous pouvons vous dire bravo." Dans un premier temps il demande à l’auteur comment lui est venue l’idée de ce roman. Alain Scerge, d’une nature réservée, ne paraît pas stressé du tout :

"En janvier 2015 nous avons commémoré les 70 ans de la libération des camps de concentration. A ce moment précis j’ai pu constater mon inculture face à ce sujet, je me suis alors documenté en me rendant à la Bibliothèque du mémorial de la Shoah. J’ai trouvé un livre intéressant, puis j’ai voulu partager ma lecture, c’est alors que je me suis aperçu de l’inculture générale des personnes autour de moi au sujet de ce moment de l’Histoire. Je travaillais alors dans le 19ème arrondissement de Paris, riche d’une importante communauté israélite, je pouvais donc avoir des conversations passionnantes, tout en pudeur, avec des patients ashkénaze. L’approche avec mes patients séfarades fut différente, je sentais que je les gênais et bien souvent la conversation se terminait par des lieux communs. J’ai voulu me plonger d’avantage dans cette période et j’ai découvert des hommes et des femmes qui vivaient l’invivable. Des déportés qui, au péril de leur vie essayaient d’être sélectionnés dans "la bonne file". J’ai découvert les porteurs de brassards, le Canada, les bordels, les triangles de différentes couleurs... Une économie souterraine, des suicides, des tentatives d’évasions, mais tout n’était pas toujours tout blanc ni tout noir. L’organisation des bordels par exemple était impressionnante, avec des rabatteurs, des proies sexuelles, des jeunes qui se mettent sous la protection de caïds et deviennent leurs esclaves mais survivent. J’ai décidé d’y placer mon personnage pour qu’il soit le témoin direct de tout cela."

La deuxième question de l’interview porte justement sur le personnage. Nous aimerions savoir qui est le personnage principal de ce roman, est-ce monsieur Alexandre ?
L’auteur hoche la tête : "Alexandre porte le livre de bout en bout, une période de sa vie qu’il n’a jamais racontée. Il vit les 18 derniers mois d’Auschwitz. Mais c’est l’amour qui transparaît. Pour son père, pour son frère, qui ont été sélectionnés dans la mauvaise file, pour une mère d’adoption qui a tenté de le protéger, et un amour entre deux jeunes garçons. Au delà d’une histoire d’amitié, lorsqu’on est prêt à donner sa vie pour l’autre. C’est l’amour qui est au centre de ce roman."

Après ces révélations fortes en émotions, Bruno souhaite savoir comment se sent l’auteur en cette soirée spéciale, ce premier événement en l’honneur de son ouvrage.
Alain Scerge sourit : "Je ne me sens pas stressé contre toute attente. Je suis un peu ému mais très heureux, c’est une belle aventure et une belle revanche sur mon bac de français qui reste un très mauvais souvenir !"

Nous sommes ravis de la joie de notre auteur et c’est le moment de lui demander son ressenti au sujet de l’approche des Editions Abordables.
Il se confie : "Mon premier contact avec le monde de l’édition m’a laissé sur ma faim. Avec mon tapuscrit de 500 pages je suis allé dans les maisons d’éditions les plus connues et j’ai reçu des réponses négatives. Je l’ai donc remisé au fond d’un tiroir.
Puis au Salon du Livre 2018, je me suis lancé de nouveau : ce fut encore pire. Mais le hasard a voulu que je passe devant LEA. Bruno m’a abordé, il m’a présenté sa maison d’édition, j’ai donc envoyé mon tapuscrit et six semaines plus tard : réponse positive ! Une conversation téléphonique, une rencontre, j’avais trouvé l’humain qui s’intéressait à mon manuscrit, à mon parcours. La correction s’est faite en tout professionnalisme pour en arriver au résultat final."

Pour conclure cet interview, notre maître de cérémonie aimerait savoir ce que l’auteur attend de son public, de ses lecteurs :
"J’attends beaucoup de choses ! (rires) Je suis heureux et ému. Je n’attends pas qu’on me dise que c’est formidable car la critique est constructive. J’espère qu’ils pourront lire, apprécier et qu’on pourra en débattre !"

Place à présent au cocktail et aux dédicaces dans une ambiance de partage et de convivialité.

Nous remercions infiniment tous les invités ainsi que nos auteurs pour leur présence et leur soutien.

par Julia

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