Anecdotes d’auteurs : Bernard Corbel

Les secrets des livres sont avant tout des secrets d’auteurs...

Bernard Corbel conseille aux auteurs de toujours aller vers les autres...

"En 2018, j’ai publié Algérie 1976, je me souviens aux Editions Abordables. Sous forme de chroniques, ce livre relate mon séjour en Algérie de septembre 1975 à décembre 1976.
Après mes études d’ingénieur, j’avais mon service militaire à faire avec la possibilité de remplacer douze mois sous l’uniforme par seize mois à mettre mes compétences au service d’un pays étranger, loin d’une caserne. Je n’ai pas hésité longtemps ! C’est ce qu’on appelait alors la coopération. Peu de temps avant de prendre le bateau à Marseille, j’ai rencontré une jeune femme dont je suis tombé amoureux. De nombreuses lettres ont ensuite traversé la Méditerranée, dans les deux sens. Trois mois après mon retour, nous nous sommes mariés. Monique et moi avons gardé précieusement ces lettres. C’est grâce à elles que, quarante ans plus tard, j’ai pu écrire ce livre.
En novembre dernier, une rencontre autour de ce livre a eu lieu dans une médiathèque. Dans la trentaine de personnes présentes, il y avait quelques pieds-noirs, une dame d’origine algérienne, d’anciens coopérants en Algérie… Certains avaient déjà lu le livre. Il y avait aussi un nostalgique de l’Algérie française qui ne portait manifestement pas les Algériens dans son cœur. De plus, il falsifiait l’histoire précoloniale de l’Algérie. Comme c’était un bavard, il prenait souvent la parole. J’ai vite essayé d’esquiver, d’autres lui ont répondu. Il y avait de la tension. Ce monsieur m’a un peu gâché mon après-midi.
Il est vrai que lorsqu’un auteur publie un livre, il s’expose. Et lorsqu’il choisit d’écrire sur l’Algérie, l’histoire franco-algérienne étant ce qu’elle est, il risque d’être confronté à des douleurs ou à des démons enfouis qui reviennent à la surface.
Je me suis consolé en me disant qu’il n’y avait qu’un perturbateur et que j’aurais pu en avoir plusieurs. Les échanges avec les autres personnes ont été riches, c’est l’essentiel. Il faut positiver ! Et ne pas hésiter à aller à la rencontre des autres, tous les autres."

Algérie 1976, je me souviens
Bernard Corbel

Fin 1975, treize ans après l’indépendance de l’Algérie, l’auteur part là-bas faire son service national en tant qu’ingénieur coopérant. A vingt-quatre ans, il découvre un autre monde que le sien. Des questionnements sur des affaires nationales et internationales apparaissent dans son esprit.

Algérie 1976, je me souviens, un univers troublant à découvrir dans ces chroniques vivantes…

par Julia

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